FMI (Fonds monétaire international)

Les principales instances et le fonctionnement du FMI

Le conseil des gouverneurs représente les États membres et adopte les grandes décisions (révision des statuts, quotes-parts, droits de tirage, etc.).

Le conseil d’administration, composé de 24 membres et du directeur général, traite des affaires courantes. Les administrateurs des États-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France du Royaume-Uni, de la Chine et de l’Arabie Saoudite disposent d’un siège propre, les 183 autres pays sont représentés sur la base de sièges attribués par groupes de pays. 

Découvrez l'intégralité de nos articles sans publicité

Le comité monétaire et financier examine la gestion du système monétaire.

Le Comité du développement, conjoint à la Banque mondiale, élabore des consensus sur ce sujet.

Reflétant le rapport de force à l’œuvre lors de la conférence de Bretton Woods et les intérêts stratégiques communs aux États européens et aux États-Unis, le FMI fait l’objet, comme la Banque mondiale, d’un partage des pouvoirs entre Washington et les États européens. Selon un accord tacite, le directeur général du Fonds est un ressortissant européen, qui a d’ailleurs très souvent été français : Pierre-Paul Schweitzer (1963-1973), Jacques de Larosière (1978-1987), Michel Camdessus (1987-2000), Dominique Strauss-Kahn (2008-2011) et Christine Lagarde (2011-2019) – le directeur de la Banque mondiale quant à lui est un citoyen américain, tout comme le numéro 2 du Fonds. Au surplus, les deux institutions ont tendance à être dominées dans leurs approches et leurs équipes par une influence américaine certaine. On retrouve cette dernière, en ce qui concerne le Fonds, dans le veto de fait dont bénéficie Washington sur les grandes décisions, soumises à un vote à la majorité qualifiée de 85 % des voix. En effet, les États-Unis disposant de 16,5 % des droits de vote, la révision des quotes-parts ou les allocations générales de droits de tirage spéciaux (DTS) comme moyen de fournir des réserves supplémentaires aux différents États sont tributaires de leur approbation.

Découvrez l'intégralité de nos articles sans publicité

Pendant les années d’après-guerre, le FMI a surtout apporté de la liquidité à des pays avancés, occidentaux dans leur très grande majorité. Ses financements et programmes se déployaient à court terme, généralement pour une durée d’un an. Cette dynamique a été rompue lorsque le système de changes fixes a commencé à se fragiliser dans les années 1960. À cette époque, les besoins en liquidité liés à l’expansion du commerce international et à l’émergence de plusieurs pôles économiques n’ont pas pu être soutenus par les réserves et les découvertes d’or, si bien que le dilemme de Triffin prit forme quand les États ont souhaité convertir leurs dollars en or. C’est ainsi qu’en 1969, sous l’impulsion du directeur général Pierre-Paul Schweitzer, le FMI a créé les droits de tirage spéciaux (DTS) pour servir de nouveau support aux réserves internationales et permettre aux membres un accès à des liquidités dans les monnaies clés du FMI sur la base d’un échange, entre eux, de DTS contre des réserves. La contrepartie de cette solution devait être que les États-Unis reviennent à une plus grande discipline financière ; cependant, ces derniers, creusant leurs déficits pour financer la guerre du Vietnam, ne s’y sont pas pliés. En conséquence, le président Nixon décida le 15 août 1971 de la fin de la convertibilité en or du dollar, un préalable à son flottement en 1973.

Accédez à l'intégralité de nos articles

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrir

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : enseignant en économie européenne à Sciences Po et à l'université de Paris

Classification

Média

Kristalina Georgieva - crédits : Mast Irham/ Pool/ AFP

Kristalina Georgieva

Autres références

  • ACCORDS DE BRETTON WOODS

    • Écrit par
    • 286 mots
    • 1 média

    Le système monétaire mis en place à Bretton Woods en 1944 répond, pour les Américains, à la volonté d'éviter les crises monétaires, dont on pensait qu'elles avaient entraîné le protectionnisme, le nationalisme, la guerre. Le système se présente comme un retour à l'étalon or qui, avec un système...

  • ARGENTINE

    • Écrit par , , , , , , , et
    • 38 895 mots
    • 19 médias
    C'est l'orthodoxie libérale qui est appliquée après concertation avec les experts duFonds monétaire international (FMI). Cette institution offre sa confiance au pays auquel elle ne cesse d'accorder de nouveaux emprunts, en dépit de la corruption – notamment lors des privatisations –, qui atteint...
  • BANQUE - Économie de la banque

    • Écrit par et
    • 7 912 mots
    • 3 médias
    ...financières, qui ont touché un très grand nombre de pays. C'est ainsi que Carl-Johan Lindgren, Gillian Garcia et Matthew Saal estimaient en 1996 qu'environ les trois quarts (131 sur 181) des pays membres du Fonds monétaire international (F.M.I.) avaient connu des problèmes bancaires sérieux entre 1980 et...
  • BANQUE MONDIALE

    • Écrit par
    • 4 510 mots
    • 1 média

    Le Groupe de la Banque mondiale (GBM) est la plus connue et la plus grande institution multilatérale de financement des pays en développement. Cette banque joue un rôle de catalyseur de financements publics ou privés dédiés aux projets d’utilité collective. Créée pour apporter une aide financière...

  • Afficher les 62 références

Voir aussi