FLORIGÈNE

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La synchronisation de la floraison des plantes avec les saisons, printemps ou automne, a depuis très longtemps interpellé les observateurs quant aux mécanismes de cette mise en phase. Dès les années 1920, la longueur du jour rapportée à celle de la nuit (photopériode) est démontrée comme étant le facteur essentiel. Cette observation faite chez le tabac apparaît généralisable et conduit à classer les plantes selon leurs exigences pour fleurir : jours longs (blé, colza, par exemple), jours courts (chrysanthème et certains maïs tropicaux...) ou indifférence (haricot...). En fait, la plante mesure la durée de la nuit par des récepteurs de lumière rouge (phytochrome) et bleue (cryptochrome), qui interagissent avec l'horloge moléculaire interne. Des expériences simples ont rapidement démontré que c'est la lumière perçue par les feuilles qui induit la modification du devenir des cellules embryonnaires situées à l'extrémité des tiges (méristème terminal) et provoque leur programmation vers la génération de fleurs au lieu de feuilles. Un message est donc transmis des feuilles et vers les méristèmes. Nommé « florigène » dès les années 1930 par Mikael Chailakhyan (Russie), il lui fut attribué le rôle d'une hormone universelle de floraison. La substance hypothétique en avait les caractéristiques ; transportée par la sève élaborée, elle est détruite par la chaleur. Elle est transmise par greffe, puisqu'une feuille induite greffée sur une plante non induite est capable de déclencher sa floraison.

Le florigène allait échapper à toute identification pendant plus de 70 ans. Cependant, un faisceau de preuves récentes convergeaient vers une protéine déjà connue nommée FT (Flowering locus T) et synthétisée dans les tissus conducteurs foliaires (phloème). En 2005, une publication rapidement démentie attribuait le rôle de signal à l'ARN messager de FT. En fait, les expériences très astucieuses et convaincantes de 2007 (Lin et al., Plant Cell, 19 : 1488-1506, 2007) démontrent que le florigène est la protéine FT elle-même. En entrant dans le méristème, FT s'associe à une autre protéine (FD) pour former un complexe activateur des gènes d'identité des organes floraux.

—  Jean-Louis PRIOUL

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Pour citer l’article

Jean-Louis PRIOUL, « FLORIGÈNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/florigene/