FLEUVES

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Géographie physique

L'eau infiltrée dans le sol leur faisant retour par l'intermédiaire des sources, les fleuves et autres cours d'eau rassemblent et conduisent à l'océan l'eau précipitée qui échappe à l'évaporation.

Les facteurs de l'écoulement fluvial

Le mode d'écoulement des eaux continentales dépend donc, au premier chef, de facteurs climatiques. Le déficit d'écoulement, fraction de l'eau précipitée qui ne parvient pas aux fleuves, augmente, en valeur absolue, avec les quantités précipitées et la température, jusqu'à une valeur plafond qui correspond au pouvoir évaporant de l'atmosphère, lequel est une fonction croissante de la température. Ainsi la carte de l'écoulement moyen annuel diffère-t-elle sensiblement de celle des précipitations moyennes annuelles (fig. 1). Le déficit d'écoulement est particulièrement important dans les régions les moins arrosées, ainsi que dans les zones climatiques les plus chaudes. Dans ces dernières, toutefois, l'écoulement devient considérable dès que les précipitations excèdent la valeur du déficit plafond, laquelle est voisine de 2 000 mm pour des températures moyennes mensuelles de 30 0C. Lorsqu'une partie notable des précipitations tombe sous forme de neige, dans les montagnes de la zone tempérée ou dans les plaines boréales à hiver froid, le déficit d'écoulement se trouve fortement réduit et le débit est réglé au long de l'année par l'évolution de la température moyenne, tout autant que par le rythme saisonnier des précipitations. Dans le cas où les conditions climatiques ont amené la formation d'un glacier, en très haute montagne ou à des latitudes élevées, l'écoulement de la rivière alimentée par la fonte du glacier est déterminé par la seule évolution de la température.

Eau écoulée par les fleuves chaque année

Dessin : Eau écoulée par les fleuves chaque année

Tranche d'eau écoulée par les fleuves chaque année 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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De son côté, le relief joue un rôle en modifiant les facteurs climatiques : il augmente les précipitations et, en abaissant la température, provoque l'accumulation d'une fraction croissante des pluies sous forme de neige, puis de glace. De plus, il amplifie l'écoulement par suite de la baisse des températures et d'une circulation des eaux plus rapide.

La nature des terrains drainés a aussi son importance. Les terrains perméables, au moins lorsque les pentes ne sont pas trop fortes, en agissant tout comme les lacs à la manière d'une éponge, retardent la date des manifestations hydrologiques extrêmes, diminuent les écarts du débit, harmonisant ainsi le régime. Au contraire, les formations imperméables favorisent le ruissellement immédiat des eaux précipitées, engendrant des cours d'eau à régime contrasté et aux manifestations hydrologiques brutales. La présence d'une forêt sur ces terrains atténue les étiages estivaux et réduit l'écoulement hivernal, pondérant quelque peu ces régimes excessifs.

Caractères hydrologiques

Les fleuves qui naissent dans des bassins aussi variés se distinguent les uns des autres, d'abord par leur abondance moyenne, exprimée en mètres cubes par seconde. Le module dépend, avant tout, de l'étendue du bassin, c'est-à-dire d'une donnée de la structure régionale. Ainsi parmi les seize fleuves du monde qui écoulent plus de 10 000 m3/s, dix sont situés dans les vastes cuvettes équatoriales et tropicales et quatre coulent à la surface des grandes plaines ou des vastes plateaux d'Eurasie ou du Canada (cf. tabl. 1).

Les plus grands fleuves du monde

Tableau : Les plus grands fleuves du monde

tabl. 1 - Les plus grands fleuves du monde. Selon les sources et le mode de mesure, les données concernant la longueur des fleuves peuvent varier de façon importante. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'importance variable de l'alimentation et de l'évaporation interviennent aussi dans la formation du débit : la plupart des très grands fleuves ont des modules spécifiques (débit moyen par kilomètre carré de bassin) élevés. Malgré une évaporation active, le débit spécifique des grands fleuves tropicaux est toujours supérieur à 15 l/s/km2, en raison de l'abondance des précipitations, tandis que pour les fleuves de l'Eurasie continentale, il est de l'ordre de 6 l/s/km2, ce qui est beaucoup pour des régions à précipitations assez faibles, mais l'évaporation y est médiocre.

Le débit ne cesse de varier dans le temps, et la plupart des fleuves connaissent, durant une partie de l'année, des basses eaux, l'étiage, dont les observateurs relèvent avec soin la fréquence en raison des effets qu'elles ont sur l'utilisation des fleuves. Les étiages sont l'aboutissement d'un lent tarissement de l'alimentation des fleuves et ne peuvent donc survenir de manière brutale. Exprimés en coefficient de débit (rapport du débit mensuel d'étiage au module), les étiages se traduisent par des chiffres peu inférieurs à l'unité dans le cas de bassins formés de roches perméables ; ils peuvent encore avoisiner 0,5 lorsqu'il y a pondération par des lacs importants ; ils sont, à l'opposé, de l'ordre de 0 à 0,1 pour les cours d'eau méditerranéens, de 0,04 à 0,15 pour les torrents glaciaires, et nuls pour les oueds du Sahara ou les fleuves entièrement pris par les glaces en hiver.

Les crues, caractérisées par une montée soudaine du niveau des eaux et le débordement dans le lit majeur du fleuve ne sont plus des phénomènes exceptionnels à cause du réchauffement climatique (cf. réchauffement climatique). Les techniciens s'efforcent néanmoins de les prévoir et se doivent de construire tous les ouvrages destinés à la protection des riverains. La plupart des crues se traduisent par le passage de pluies prolongées – fonte brutale de la neige accompagnant une pluie – ou des précipitations intenses, accompagnant des orages (cf. inondations). Sur des fleuves à affluents multiples qui drainent un bassin étendu, ou partagé entre des régions climatiques différentes – le cas de l'Amazone dont les affluents se répartissent sur les deux hémisphères –, les crues ont une origine composite. Tantôt des averses répétées mais de même origine provoquent, par suite de la disposition des affluents, des rencontres ou des successions de flux élémentaires sur le tronc principal du fleuve, tantôt des pluies répétées mais de type différent affectent l'ensemble des régions climatiques du bassin.

Types de fleuves

En définitive, le climat intervient, avant tout autre facteur, pour déterminer des types de régime hydrologique selon le mode d'alimentation prédominant et la répartition saisonnière du maximum d'écoulement (fig. 2).

Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation

Dessin : Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation

Répartition saisonnière du maximum de l'écoulement et mode d'alimentation 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Dans les régions polaires, l'alimentation des fleuves résulte de la fonte des glaces et des neiges durant le bref été de l'hémisphère, l'écoulement s'interrompant la plus grande partie de l'année. La fonte des neiges, qui s'ajoute à la reprise des précipitations au début de l'été, rend compte des hautes eaux estivales des fleuves de la zone subarctique, dont même les plus importants sont entièrement pris par les glaces en hiver.

À l'intérieur du domaine climatique tempéré, il existe des régimes hydrologiques très variés, qui peuvent être groupés en quatre sous-types : alimentation nivo-pluviale et maximum estival au nord-est des masses continentales boréales ; alimentation pluvio-nivale, avec maximum d'écoulement au printemps, au centre des continents ; prédominance de l'alime [...]

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Eau écoulée par les fleuves chaque année

Eau écoulée par les fleuves chaque année
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Les plus grands fleuves du monde

Les plus grands fleuves du monde
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Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation

Maximum de l'écoulement et mode d'alimentation
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Pour citer l’article

Lazare BOTOSANEANU, Pierre CARRIÈRE, « FLEUVES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fleuves/