FIRDOUSI (940 env.-env. 1020)

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Le passé recueilli

Firdousi a parlé lui-même de ses sources. Il a rassemblé des documents épars qui dépendaient d'œuvres en pehlevi, la langue littéraire d'époque sassanide, pré-islamique ; de celles-ci, à deux exceptions près, il ne nous reste que les titres, mais l'on sait en reconstituer la substance. En réalité, s'il est tout à fait vraisemblable que plusieurs textes lui soient venus directement d'époque ancienne, une grande part de sa documentation est passée par des traductions en arabe utilisées par des historiens des premiers siècles de l'Islam. Le texte le plus célèbre est le Khwatāy-nāmak (Livre des Rois) traduit du pehlevi en arabe par Ibn al-Muqaffa‘ au viiie siècle, et tôt réaménagé, en particulier par des historiens des milieux syro-perses. D'autre part, on possède la Préface en persan d'un Shāhnāmè perdu ; elle nous apprend que ce livre en prose persane fut achevé en 957 ; sous la direction du vizir du gouverneur de Ṭūs, Abū Mansūr, quatre informateurs mazdéens en avaient procuré la matière. Deux poètes au moins ont travaillé sur ce texte de base avant Firdousi : Mas‘ūdī de Marv et Daqīqī. De ce dernier, Firdousi incorpora dans son texte l'histoire de la fondation du zoroastrisme, mise en vers d'un texte dont on garde la source pehlevie, Le Mémorial de Zarēr ; É. Benveniste a montré que ce mémorial était d'origine parthe. Firdousi eut également des informateurs iraniens de son temps qui gardaient la mémoire des gestes anciennes, tel le vieux Āzād-sarv, « qui possédait un livre des rois ».

Le mètre du Shāhnāmè, le motaqāreb (trois pieds d'une brève et deux longues et un d'une brève et d'une longue), est en réalité un cas de l'« assujettissement à la prosodie quantitative arabe » (É. Benveniste) du mètre syllabique iranien, ici l'hendécasyllabe. Iranienne aussi cette disposition du poème où chaque distique a sa rime propre. Le génie de Firdousi est dans l'élaboration de son matériau ; on peut suivre les efforts de l'auteur et l'on a su reconstituer (Z. Ṣafā) les étapes de [...]


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Le Livre des rois, poème perse

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Miniature moghole, feuille du Shah-name

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DAQĪQĪ ABŪ MANṢŪR MUḤAMMAD IBN AḤMAD (mort en 976/81)

  • Écrit par 
  • Michèle ÉPINETTE
  •  • 232 mots

Panégyriste des princes samanides, Abū Mansūr Muḥammad ibn-Aḥmād Daqīqī est l'un des plus grands poètes du x e  siècle. Sur l'ordre du souverain samanide Abū Ṣalāh Mansūr ibn-Nūh, il commence la versification d'un poème épique appartenant à la tradition nationale, connu sous le nom de Goshtāsb-Namā . Ce poème, relatif au roi Goshtāsb et à la prédiction de Zoroastre, décrit le combat entre Goshtāsb […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/abu-mansur-muhammad-ibn-ahmad-daqiqi/#i_8440

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Pour citer l’article

Charles-Henri de FOUCHÉCOUR, « FIRDOUSI (940 env.-env. 1020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/firdousi/