FIRDOUSI (940 env.-env. 1020)

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Une vie difficile sur une terre aimée

Ce que l'on sait de Firdousi est dans son œuvre, Le Livre des rois (Shāhnāmè). Ce poème « de 60 000 distiques », selon sa propre expression, est le travail de sa vie. D'une famille de propriétaires terriens établie dans le district de Ṭūs (Khurāsān), il faisait partie de cette classe aisée que le passage du pays à l'Islam avait peu ébranlée ; elle assurait à sa façon, et pour un moment encore, la continuité culturelle avec l'Iran pré-islamique. Firdousi (ou Firdūsī, Ferdowsi, Firdawsī) est le nom de poète qu'il s'est lui-même donné. Il naquit vers 940 ; il avait trente-huit ans, a-t-il écrit, quand Maḥmūd affirma son autorité militaire, en 977. Il acheva la première rédaction de son livre à l'âge de soixante et onze ans, en 1010 et, de son propre aveu, mit la dernière main à son œuvre à « près de quatre-vingts ans » ; l'un de ses biographes donne l'année 411 de l'Hégire (1020-1021) comme date de sa mort. Il passa sa jeunesse dans la riche province du Khurāsān, gouvernée par la dynastie des Sāmānides, qui, de Bokhārā, avaient beaucoup fait pour le premier épanouissement des lettres persanes. Mais les Turcs prirent une grande importance dans les rangs de leurs armées et finirent par constituer une dynastie qui s'établit à Ghazna (Ghaznī, proche de Kaboul). En 999, le sultan Maḥmūd supplanta son frère et devint le prince le plus brillant de cette dynastie des Ghaznévides. Le Khorāsān passa sous sa domination. Ce Turc iranisé répondit mal aux sollicitations du poète de Ṭūs, qui lui dédiait son œuvre, pièce après pièce. Ses ressources n'y suffisant pas, Firdousi avait reçu l'aide de plusieurs personnages de sa contrée. Ces rétributions ne furent jamais à la dimension de l'œuvre, et Firdousi mourut dans la gêne après avoir fui la cour de Ghazna. La satire écrite contre Maḥmūd, qui semble authentique, est d'une grande amertume ; le poète s'est senti victime d'un détracteur à cause de sa foi shi‘ite, dont il ne fit d'ailleurs pas mystère. Son poème n'était pas propre non plus à aider la politique du prince. Niẓāmī ‘Arūżī visita sa tomb [...]

Le Livre des rois, poème perse

Le Livre des rois, poème perse

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Illustration d'un épisode du Livre des rois (Sah Nameh), poème épique perse, vers 1590. National Museum of India, New Delhi. 

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Miniature moghole, feuille du Shah-name

Miniature moghole, feuille du Shah-name

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Rustam, le héros du Shah-nama (Livre des Rois), poème épique perse de Firdousi, tue le démon. Miniature moghole, XVIIe siècle. Victoria and Albert Museum, Londres. 

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Le Livre des rois, poème perse

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DAQĪQĪ ABŪ MANṢŪR MUḤAMMAD IBN AḤMAD (mort en 976/81)

  • Écrit par 
  • Michèle ÉPINETTE
  •  • 232 mots

Panégyriste des princes samanides, Abū Mansūr Muḥammad ibn-Aḥmād Daqīqī est l'un des plus grands poètes du x e  siècle. Sur l'ordre du souverain samanide Abū Ṣalāh Mansūr ibn-Nūh, il commence la versification d'un poème épique appartenant à la tradition nationale, connu sous le nom de Goshtāsb-Namā . Ce poème, relatif au roi Goshtāsb et à la prédiction de Zoroastre, décrit le combat entre Goshtāsb […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Charles-Henri de FOUCHÉCOUR, « FIRDOUSI (940 env.-env. 1020) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juin 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/firdousi/