FINANCE DE MARCHÉMarchés de capitaux

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Les opérations

Arbitrage, couverture et spéculation sont les opérations typiques des acteurs des marchés de capitaux à l'exception de ceux (banques centrales et instances de supervision) qui interviennent dans une optique régulatrice.

L'arbitrage

Les arbitragistes sont à l'affût des différences de cours et de taux d'intérêt qui peuvent exister, momentanément, entre différentes places ou différents compartiments de marché. Lorsque l'opportunité se présente, l'arbitrage qu'ils effectuent, combinant souvent plusieurs opérations d'achat et de vente, au comptant et à terme, leur permet de réaliser un profit sans risque. L'arbitragiste, comme le spéculateur, recherche le profit, mais à la différence de ce dernier et à l'instar du hedger (l'opérateur qui se couvre), il ne prend pas de risque.

Imaginons un opérateur sur le marché des changes qui constate à un moment donné qu'il revient moins cher d'acheter de la livre sterling contre des euros en passant par le dollar (c'est-à-dire en achetant du dollar contre des euros puis en revendant les dollars contre de la livre sterling) que de l'acheter directement contre des euros. Il y a là une opportunité d'arbitrage, qui, une fois saisie, lui permet de gagner, sans prise de risque, la différence entre le cours croisé (euro/dollar × dollar/livre sterling) et le cours bilatéral direct (euro/livre sterling). Cet arbitrage a également pour effet de rétablir la relation fondamentale d'égalité entre le cours croisé et le cours bilatéral direct : les opérations d'achat de dollars contre euros font monter le cours dollar/euro (ou baisser le cours euro/dollar) tandis que les opérations de vente de dollars contre livre sterling font baisser le cours dollar/livre sterling, de sorte que la différence positive qui existait au départ entre le cours croisé et le cours bilatéral direct est résorbée.

Une autre opportunité d'arbitrage s'offre par exemple lorsque les opérateurs constatent qu'il n'est pas équivalent de placer, pendant 1 an, 1 euro, au taux d'intérêt européen à 1 an, ou bien 1 euro, converti en dollars, au taux américain à 1 an, et revendu à terme contre euros. Formellement, cette différence traduit un écart entre le taux de report ou de déport de l'euro contre dollar et le différentiel de taux d'intérêt (entre les États-Unis et l'Europe). Les opportunités d'arbitrages résident toujours dans ce type de désajustements temporaires. Quand il est réalisé (mais des coûts de transaction peuvent y faire obstacle), l'arbitrage fait disparaître le déséquilibre initial. Il est en conséquence une force de convergence vers l'équilibre des marchés.

La couverture

Se couvrir, c'est fermer une position, c'est se mettre à l'abri d'une évolution défavorable (des changes, des cours de Bourse, etc.). La combinaison de positions opposées est au centre des comportements de couverture.

Prenons le cas d'une banque française qui détient des dollars américains. Elle doit craindre une chute du billet vert. En position « longue » – elle détient une quantité d'actif sous-jacent, ici des dollars, positive – sur le marché au comptant, elle doit, pour se couvrir, prendre une position inverse, « courte » ou vendeuse, sur le marché à terme ou sur le marché d'options, etc.

Les instruments de couverture sont plus ou moins complexes. Le plus simple consiste, dans l'exemple de la couverture de change, à adosser les unes aux autres des recettes et des dépenses dans la même devise (par exemple en dollars). La couverture d'actifs (hedging) est alors directe. Mais la panoplie des instruments dérivés (contrats à terme ferme, swaps, options) fournit une vaste gamme de moyens de couverture.

Prenons l'exemple d'une banque qui achète aujourd'hui des obligations venant à échéance dans 10 ans. Elle-même souhaite investir dans ces titres pour une courte durée, puisqu'elle veut les revendre dans 6 mois. Elle doit craindre une montée des taux (puisque le cours et le taux de rendement varient en sens inverse). La banque peut se couvrir en vendant à terme des contrats de taux à échéance de 6 mois : elle se garantit dès maintenant le taux dans 6 mois et protège la valeur de ses obligations, mais s'empêche de bénéficier de l'évolution favorable des taux (chute, et non remontée, de ces taux avec donc des plus-values en capital).

Une couverture plus souple consiste par exemple pour la banque à acheter une option de vente (put). De deux choses l'une : ou bien les taux [...]

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Pour citer l’article

Christian de BOISSIEU, « FINANCE DE MARCHÉ - Marchés de capitaux », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/finance-de-marche-marches-de-capitaux/