FINALITÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Caractères postulés par la description

Cette description de l'activité finaliste n'est pas sérieusement contestable. Même les antifinalistes doivent l'admettre, quitte à imaginer des micro-déterminismes sous-jacents, en profitant du fait que la finalité, descriptible, n'est pas strictement observable microscopiquement.

La description postule d'autre part des éléments non directement descriptibles, mais étroitement exigés pour la cohérence de la description et qui heurtent, cette fois directement, les postulats de la science objective et déterministe.

La conscience

Toute action finaliste postule l'existence de la conscience. Cette conscience peut être très vague, mais elle doit être présente au moins en quelques phases de l'action. La conscience du but, et surtout l'image du but manquent souvent. L'image du but demande un système nerveux perfectionné. Mais l'effort persistant, le besoin, la recherche d'information, le choix des moyens, tout cela est évidemment inconcevable sans conscience. L'inconscience relative de l'instinct est l'effet secondaire du morcellement de l'action. Mais ce morcellement ne peut aller jusqu'au pur « de proche en proche » causal, indiscernable du pur déterminisme, car alors on contredirait la description. Cette finalité sans enveloppe consciente serait un cercle carré. Pour les actions finalistes des organismes sans système nerveux, le postulat de conscience s'impose également et oblige à admettre une conscience primaire, mnémique, dépourvue de cerveau et même de système nerveux, non modulée par flux d'informations extérieures, mais inhérente à tout domaine organique manifestant un comportement thématisé. Dans l'embryogenèse, il y a quelques effets « de proche en proche » (inductions aberrantes, effets de mosaïque sans régulation), mais, normalement, les différenciations, globales et progressives à partir d'ébauches, ainsi que les comportements à régulation, dominent toute une région, toute une « aire présomptive ».

Parler de conscience, ce n'est pas faire appel à une sorte de phosphorescence magique [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 11 pages




Écrit par :

  • : professeur à la Faculté des lettres et sciences humaines de Nancy, correspondant de l'Institut

Classification


Autres références

«  FINALITÉ  » est également traité dans :

ACTION RATIONNELLE

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 2 633 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le logique et le rationnel »  : […] La sociologie classique, du moins une partie de celle-ci, est très tôt attentive au versant rationnel de l'action humaine. Dans son Traité de sociologie générale (1916), Vilfredo Pareto propose de distinguer deux classes d'actions, les actions logiques et les actions non logiques. Les premières présentent une double caractéristique : leurs auteur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/action-rationnelle/#i_8157

ARISTOTE

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 23 833 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Nature et mouvement »  : […] Le livre II de la Physique définit l'être naturel ( physei on ), objet propre de la physique. Il se distingue de l'être artificiel en ce qu'il a en lui-même un principe de mouvement et de repos. Alors que, dans l'art, l'agent est extérieur au produit, la nature est un principe immanent de spontanéité : la nature ressemble à un médecin qui se guéri […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aristote/#i_8157

BIEN, philosophie

  • Écrit par 
  • Monique CANTO-SPERBER
  •  • 6 603 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les biens objectifs et la bonne volonté kantienne »  : […] L'hypothèse d'une objectivité du bien humain correspond à l'intuition qu'il est possible de juger du bonheur selon des critères relativement stables, en adoptant un point de vue de troisième personne. Plusieurs philosophes ont souligné l'aspect propositionnel du bonheur. Cette conception est étroitement liée à l'idée qu'il existe des biens humains […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bien-philosophie/#i_8157

BONHEUR

  • Écrit par 
  • André COMTE-SPONVILLE
  •  • 7 850 mots

Tout homme veut être heureux, et cela suffit peut-être à définir, au moins provisoirement, le bonheur : il est ce que chacun désire, non en vue d'une autre chose (comme on désire l'argent pour le luxe ou le luxe pour le plaisir) mais pour lui-même, et sans qu'il soit besoin – ni, d'ailleurs, possible – d'en justifier la valeur ou l'utilité. « À quo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonheur/#i_8157

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 12 999 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Critiques de l'idée de cause »  : […] C'est justement à la fin du xvii e siècle, au moment même où triomphe la dynamique, à la fois sur le plan mathématique et physique, que le principe de causalité commence à se lézarder : un coup rude est porté par Malebranche, admirateur de Descartes : si Dieu est liberté et que ses volontés soient inscrutables pour la raison humaine, nos « causes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/causalite/#i_8157

COMTE AUGUSTE (1798-1857)

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 9 458 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'idée comtienne de la science »  : […] Pourquoi Auguste Comte, contrairement à Saint-Simon, présente-t-il une réflexion sur la science en préambule à un plan de réforme sociale ? Cela tient à l'idée qu'il se fait de la science, non pas seulement somme de savoirs, mais rapport global de l'homme au monde. Par suite, elle s'offre avant tout comme un principe et un système de croyances. Or […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/auguste-comte/#i_8157

CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER, Emmanuel Kant - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 042 mots

La Critique de la faculté de juger ( Kritik der Urteilskraft , 1790) est la troisième et dernière des Critiques d'Emmanuel Kant (1724-1804). Elle vient après la Critique de la raison pure (1781) et la Critique de la raison pratique (1786). Il ne s'agit pas tant d'ajouter au domaine des sciences exactes puis à celui d'une science des mœurs ce q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/critique-de-la-faculte-de-juger/#i_8157

DESCRIPTION ET EXPLICATION

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 9 337 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'explication causale »  : […] Elle n'est pas absolument disjointe de l'explication spatiale, puisque le changement de place d'une qualité ou d'un principe plus ou moins immatériel est la première représentation qu'on a donnée de la causalité transitive. Réciproquement, la notion d'espace implique celle de localisation des objets (par exemple des particules) ; faute de celle-ci, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/description-et-explication/#i_8157

DESTIN

  • Écrit par 
  • Catherine CLÉMENT
  •  • 2 486 mots

Dans le chapitre « Destin et vocation »  : […] Ce que nous avons pu appeler destin du Christ, à la suite de Kierkegaard, mérite en réalité l'appellation de vocation : l'étymologie de ce terme marque d'entrée de jeu sa différence d'avec le destin. Vocare , appeler, signifie que toute vocation s'adresse à l'individu, appelé par son nom, en tant que lui-même. Cet appel peut conférer un nom propre  […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/destin/#i_8157

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 720 mots

Dans le chapitre « Liberté humaine et nécessité naturelle »  : […] Selon Bloch et Wartburg ( Dictionnaire étymologique de la langue française ), le mot déterminisme n'apparaît en français qu'en 1836. Mais il est plus ancien en allemand, où il appartient au vocabulaire de la théologie et de la philosophie morale ( Determinismus ). Dans le réseau contradictoire des échanges de significations et de problèmes, qui von […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/determinisme/#i_8157

EMPIRISME

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 13 313 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La croyance chez Kant et chez Hume »  : […] Or ce concept de croyance, qui permet d'anticiper pas à pas les possibilités de l'expérience, est justement ce qui va disparaître chez Kant au profit d'une anticipation globale des possibilités de l'expérience en général. Dans l'introduction à la Critique de la raison pure (2 e  éd.), Kant écrit : « Si toute connaissance débute avec l'expérience, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/empirisme/#i_8157

FORME

  • Écrit par 
  • Jean PETITOT
  •  • 27 547 mots

Dans le chapitre « Morphogenèse biologique et structuralisme »  : […] Le problème de la forme est évidemment particulièrement critique en biologie. C'est même l'écart apparemment irréductible entre la physique classique et les énigmes de l'embryogenèse qui ont conduit nombre d'éminents biologistes du xix e  siècle au vitalisme spéculatif. Il est donc nécessaire de faire quelques brèves remarques épistémologiques à ce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/forme/#i_8157

KANT EMMANUEL

  • Écrit par 
  • Louis GUILLERMIT
  •  • 13 382 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le parachèvement de la philosophie critique »  : […] Le bilan de l'investigation entreprise par les deux premières Critiques faisait ressortir un ultime problème : d'une part, l'usage théorique et l'usage pratique de la raison se limitent réciproquement de façon rigoureuse (l'entendement légifère pour la nature dont il permet une connaissance théorique à titre d'objet des sens dans une expérience po […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-kant/#i_8157

LIBERTÉ

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 11 650 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Intention et fin »  : […] À quelles actions reconnaîtra-t-on le plus volontiers le caractère libre ? À celles dont l'intention présente un trait remarquable que nous exprimons généralement en disant que nous faisons ceci ou cela « dans telle intention » ; ici, l'intention désigne moins un caractère par lequel on rend intelligible ce qu'on fait – c'est-à-dire une manière d'i […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberte/#i_8157

MOYEN, philosophie

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 664 mots

Ce qui rend possible et réel l'accomplissement d'une fin. Un débat traditionnel et toujours actuel de la philosophie morale a pour objet la préséance des moyens ou des fins, leur éventuelle dénaturation réciproque. La structure téléologique de l'action humaine autorise la distinction des moyens et des fins ; il est dans la nature de la volonté huma […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-philosophie/#i_8157

NATURE ET HISTOIRE (J. Baechler)

  • Écrit par 
  • Pierre DEMEULENAERE
  •  • 1 054 mots

Sous le titre de Nature et histoire , cet ouvrage (PUF) de Jean Baechler est important par sa visée qui prend forme en un peu plus de mille pages. Il s'agit, en effet, de rendre intelligible l'« aventure » de l'espèce humaine, à partir de ses caractéristiques propres. Plus précisément, l'objectif est de faire la synthèse des différentes descriptio […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nature-et-histoire-j-baechler/#i_8157

PRAGMATISME

  • Écrit par 
  • Gérard DELEDALLE
  •  • 4 590 mots

Dans le chapitre « Une philosophie de la démocratie »  : […] Ni la théorie des catégories et des signes de Peirce, ni l'empirisme radical de James, ni l'humanisme naturaliste de Dewey ne sont à proprement parler pragmatistes. Certes, le pragmatisme est une méthode, et son application à la métaphysique peut sembler légitime. Mais quel serait le test de la trichotomie peircienne de la qualité, de l'existence e […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pragmatisme/#i_8157

RÉDUCTIONNISME & HOLISME

  • Écrit par 
  • Jean LARGEAULT
  •  • 6 924 mots

Dans le chapitre « Historique »  : […] En simplifiant, suivant les procédés aristotéliciens de libre interprétation des textes, le matérialisme a surgi du premier coup, avec tous ses traits caractéristiques, chez les penseurs grecs d'avant Socrate. Considérant les choses sensibles, ils en cherchent le principe abstrait, et, afin d'expliquer comment ce principe unique engendre la diver […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/reductionnisme-et-holisme/#i_8157

TECHNIQUE

  • Écrit par 
  • Cornélius CASTORIADIS
  •  • 12 508 mots

Dans le chapitre « La « neutralité » de la technique »  : […] Les considérations qui précèdent peuvent être éclairées si l'on tente de répondre à cette question : que vaut la distinction traditionnelle entre moyens mis en œuvre et fin visée ? Sans doute, considérée en et pour elle-même, l'activité technicienne ne prend pas en compte la valeur des fins qui lui sont proposées. Valeur, pour elle, veut dire effic […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/technique/#i_8157

TEMPS

  • Écrit par 
  • Hervé BARREAU, 
  • Olivier COSTA DE BEAUREGARD
  •  • 14 773 mots

Dans le chapitre « Interprétation probabiliste »  : […] La mécanique statistique de Maxwell, Boltzmann et Gibbs a pour objet de déduire les phénomènes thermodynamiques de la mécanique classique et du calcul des probabilités. En fait, et contrairement à l'impression qu'on peut retirer de la lecture de Maxwell ou de Boltzmann, mais en accord avec celle qui se dégage d'une étude de Gibbs, la mécanique est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/temps/#i_8157

Voir aussi

Pour citer l’article

Raymond RUYER, « FINALITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/finalite/