FIGURALISME

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Musique religieuse et profane de la Renaissance

À partir du xvie siècle, les compositeurs recherchèrent, plutôt que la souplesse de la courbe vocale, son originalité et sa courbe expressive. Des effets de style commencent à apparaître dans les motets. Dans la conclusion du motet à cinq voix Pater venit hora de Jacques Clément (Clemens non Papa, entre 1510 et 1515-1555 ou 1556), les cinq voix terminent toutes ensembles vers l'aigu sur Jesu Christum. Cette figure, qui décrit, par une ligne mélodique ascendante, un mouvement vers le haut, et, par analogie, vers le Christ et le ciel, s'appelle une anabase ; elle est de caractère pictural puisqu'elle est censée « peindre les choses » de manière à ce que l'auditeur puisse voir ce qu'il entend.

Les figuralismes ou madrigalismes se développent et ornent des mélodies évoquant certains mots ou idées importants du texte. On symbolise par exemple la fuite par une section en imitation serrée, sur des rythmes rapides ; le murmure de l'eau est généralement figuré par la répétition de deux ou trois notes en rythmes réguliers, et le ciel, la gloire ou la beauté sont évoqués par le mouvement ascendant de la mélodie supérieure ou même de l'ensemble des voix.

Ces procédés, qui étaient jusque-là peu connus des compositeurs, se répandent autant dans la musique religieuse que profane. Roland de Lassus (1530 ou 1532-1594) a beaucoup utilisé ces moyens, auparavant complètement ignorés des compositeurs du Nord. Il n'hésite pas à s'en servir très largement même dans sa musique religieuse ; les madrigalismes pénètrent tous les genres et tous les styles musicaux, y compris le motet, qui perd toute l'austérité qu'il avait à l'origine.

Certaines figures sont cependant moins directement reliées au mot ou à une représentation précise, mais possèdent un pouvoir expressif extrêmement grand. Parmi les plus importantes, l'interruptio, qui, comme son nom l'indique, fait intervenir des silences brusques, ou encore le climax, amené [...]


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Écrit par :

  • : ancien critique à Sud-Ouest et à Contact Variété, professeur d'improvisation et d'histoire de la musique

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SECONDA PRATTICA

  • Écrit par 
  • Antoine GARRIGUES
  •  • 1 271 mots

Dans la préface de son Cinquième Livre de madrigaux , publié en 1605, Monteverdi explique que sa méthode de composition constitue une seconda prattica (« seconde pratique »), qui remplace la prima prattica (« première pratique »), dont Gioseffo Zarlino (1517-1590) avait fixé les règles en matière de consonances et de dissonances, dans Le Istitutioni harmoniche (« Les Institutions harmoniques  […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Antoine GARRIGUES, « FIGURALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/figuralisme/