MAYARO FIÈVRE ET VIRUS

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Extension géographique du virus Mayaro

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Les douleurs articulaires de la fièvre Mayaro

Les douleurs articulaires de la fièvre Mayaro
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Un alphavirus très adaptable

Comme tous les alphavirus de la famille des Togaviridae, le virus Mayaro possède un matériel génétique constitué d’un ARN simple brin, qui code pour un petit nombre de protéines virales quatre enzymes spécifiques du virus et les protéines de la capside virale. Il ne se distingue guère en cela d’autres alphavirus comme le chikungunya et le virus de la forêt de Semliki dont il est très proche. Plusieurs souches de MAYV – dont le virus Urubamba – sont connues. Du point de vue de l’évolution, la comparaison des matériels génétiques de ces différents virus suggère que le virus Mayaro se serait séparé des virus apparentés il y a environ cent cinquante ans.

Ce virus se maintient chez des hôtes du domaine forestier tropical humide, de Trinidad aux zones tropicales de Bolivie. Il est d’ailleurs possible que la Bolivie amazonienne soit son origine de diffusion vers l’Amazonie. Ses hôtes, qualifiés de « réservoirs », sont très divers : des oiseaux, comme les colombes Columbigallina sp. et l’oriole Icterus spurius ; des rongeurs des genres Oryzomys, Proechimys et les rats d’eau Nectomys sp. ; et, enfin, des primates tels le ouistiti Callithrix argentata et les singes hurleurs. Il est transmis d’animal à animal et à l’homme par la piqûre d’un insecte hématophage, qui s’est infecté lors d’un repas de sang sur un hôte porteur du virus.

Au Brésil, le vecteur dominant de la transmission à l’homme est le moustique Haemagogus janthinomys. Toutefois, la diversité des insectes vecteurs du virus Mayaro est inhabituelle et comprend plusieurs autres genres de moustiques : Mansonia, Culex et Aedes notamment. Si la charge virale transmise par la plupart d’entre eux peut être insuffisante pour provoquer la maladie chez l’homme, cette diversité traduit une capacité élevée d’adaptation du virus à ses hôtes. Le corollaire de cette faculté d’adaptation est que l’on doit s’attendre à ce que le virus envahisse pr [...]

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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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MALADIES INFECTIEUSES ÉMERGENTES

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 10 465 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Le cas complexe de la maladie de Chagas »  : […] Dans un dernier cas de maladie à vecteur émergente décrite en 1909, mais qui sévissait en Amérique du Sud depuis le début du peuplement humain, la maladie de Chagas, on retrouve un ensemble historique de tout ce qui rend « émergente » une maladie. D’abord, elle existait depuis dix mille ans dans la population de l’Amérique du Sud et passait inaperçue. L’agent causal qui la définit permet de préci […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maladies-infectieuses-emergentes/#i_57010

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Pour citer l’article

Gabriel GACHELIN, « MAYARO FIÈVRE ET VIRUS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/fievre-et-virus-mayaro/