HODLER FERDINAND (1853-1918)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La période symboliste

Hodler est d'abord apprenti chez son beau-père, peintre d'enseignes, et ensuite chez un peintre de vues alpestres pour touristes – à une époque où n'existaient pas encore les cartes postales. Il gagne l'amitié de personnages influents dans le monde artistique et intellectuel, avec des poètes, des critiques et des journalistes. Ainsi de Louis Duchosal, Mathias Morhardt, Edouard Rod, admirateurs de Wagner, Mallarmé et Verlaine, et qui font partie des premiers cercles symbolistes de Genève, auxquels Hodler participe étroitement. Il se lie également avec le peintre Barthélemy Menn, qui fut élève d’Ingres et un ami de Delacroix, Corot, Daubigny. Les cours de Menn, qu'il va suivre de 1872 à 1877 à l'École des beaux-arts de Genève, alors le principal centre artistique en Suisse, vont le libérer du pittoresque de convention et lui permettre de fonder la peinture de paysage sur l'observation du motif. C'est par son intermédiaire qu'il va connaître la tradition classique française. Grâce à Marcellin Desboutin – artiste et collectionneur français, fixé à Genève depuis 1870 – Hodler découvre l'œuvre d'artistes contemporains ou presque contemporains : Courbet, Manet, Renoir, mais surtout Degas et Puvis. Comme Courbet dans L'Atelier, Hodler, dans un tableau autobiographique, La Nuit (1890, Kunstmuseum, Berne), fait le bilan d'une période de sa vie en la portant aux dimensions d'une peinture d'histoire. La composition du tableau est essentiellement due à l'agencement symétrique des corps entrelacés dans un décor sans profondeur, où le peintre s'est représenté arraché à son sommeil par le fantôme de la mort. Avec La Nuit, qui marque ses débuts dans la peinture monumentale et symboliste, Hodler atteint une réputation internationale. Mal accueilli à Genève, le tableau suscite à Paris un grand enthousiasme : Hodler est élu membre de la Société des artistes indépendants et invité par le mouvement des Rose-Croix à figurer à leur premier salon chez Durand-Ruel. Désormais il expose à Munich (1897), à Venise (1899), à Paris (1900), à Vienne (1904), où il est l'invité d'honneur du mouvement « Secession ». Ses grandes compositions, Eurythmie (1896, Kunstmuseum, Berne), Le Jour (1899, Kunsthaus, Zurich), lui valent des médailles d'or. La Nuit est également récompensée lors de l'Exposition universelle de 1900.

La Nuit, F. Hodler

Diaporama : La Nuit, F. Hodler

Ferdinand Hodler, La Nuit.1890. Huile sur toile. 116 cm X 239 cm. Kunstmuseum, Berne, Suisse. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher

Malgré deux expositions personnelles (en 1885 à Genève et en 1887 à Berne), Hodler n’est pas reconnu dans son propre pays, avant 1901, date à laquelle le musée de Berne achète deux de ses tableaux : Le Jour et Les Désillusionnés (1892). Il peut enfin exécuter à fresque La Retraite de Marignan (1893-1900, Musée national à Zurich). Mais on reproche à cette œuvre la distance prise avec l'histoire et l'absence d'héroïsme. Dix ans plus tard, une autre fresque La Bataille de Morat viendra la compléter.

Alors qu'à partir de 1914 la réputation d'Hodler à l'étranger décline, la Suisse continue de l'honorer comme son plus grand peintre moderne. C'est d'ailleurs en Suisse, dans les musées et les collections privées, que se trouve conservée la presque totalité de l'œuvre peinte et dessinée de l'artiste, notamment des autoportraits et les effigies de deux femmes qui ont compté dans sa vie : Augustine Dupin et, surtout, Valentine Godé-Darel.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Médias de l’article

La Nuit, F. Hodler

La Nuit, F. Hodler
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn, F. Hodler

Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn, F. Hodler
Crédits : AKG-images

photographie

L'Amour, F. Hodler

L'Amour, F. Hodler
Crédits : AKG-images

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  HODLER FERDINAND (1853-1918)  » est également traité dans :

GENÈVE MUSÉE D'ART ET D'HISTOIRE DE

  • Écrit par 
  • Daniel HARTMANN
  •  • 1 152 mots

Le musée d'Art et d'Histoire (M.A.H.) de Genève et ses filiales – bâtiments annexes à l'esthétique souvent originale présentant de splendides collections spécialisées de céramique et verre (villa Ariana), des instruments scientifiques (villa Bartholini), instruments de musique anciens, horlogerie et émaillerie (villa Bryn Bella) – présentent aux visiteurs plus d'un million d'objets retraçant l'his […] Lire la suite

MOSER KOLOMAN (1868-1918)

  • Écrit par 
  • Marc THIVOLET
  •  • 2 045 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Des fresques manquées au retour à la peinture de chevalet »  : […] Dans sa tentative pour lier peinture et architecture, Koloman Moser connaît deux échecs : celui de la décoration de l'église du Steinhof édifiée par Otto Wagner (1904-1907), où seul son vitrail est réalisé, et celui de l'église Heiliger Geist (1907) où, en dépit du fait qu'il avait reçu le premier prix du concours ouvert à cette occasion, ses propositions n'aboutirent pas. Le projet de décoration […] Lire la suite

MUNCH EDVARD (1863-1944)

  • Écrit par 
  • Hans BISANZ, 
  • Frank CLAUSTRAT
  •  • 1 793 mots

Dans le chapitre « France et Allemagne »  : […] Dès 1885, Munch avait commencé trois tableaux qui annoncent La Frise  : La Jeune Fille malade (en souvenir de sa sœur), Le Jour d'après et Puberté . Dans ces trois tableaux, qui furent en partie détruits puis reconstitués, la scène d'intérieur est débarrassée de la mièvrerie du réalisme bourgeois. En 1885, au cours de son premier séjour à Paris, qui avait duré trois semaines, Munch s'était intéres […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Pierre GEORGEL, « HODLER FERDINAND - (1853-1918) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ferdinand-hodler/