FÉNELON FRANÇOIS DE SALIGNAC DE LA MOTHE- (1651-1715)

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La courbe d'un échec

François de Salignac de La Mothe-Fénelon est né en Périgord d'une famille qui avait donné à l'Église neuf évêques ou archevêques et à l'État de grands serviteurs, mais que tant d'illustrations n'avaient pas enrichie. Entré en 1665 au collège Du Plessis à Paris, il subit l'influence de son oncle le marquis de Fénelon, ami de saint Vincent de Paul et de Monsieur Olier, le fondateur du séminaire de Saint-Sulpice où il est admis bientôt (1672-1673). Il se trouve ainsi intégré à l'un des foyers de la vie religieuse du temps. Après quelques années de ministère pastoral, il est nommé (1678-1689) supérieur des Nouvelles Catholiques, institution qui se proposait de détromper les jeunes protestantes ; deux missions auprès des Réformés en Saintonge s'ajoutent à cette charge. La lutte du pouvoir contre le protestantisme s'est en effet intensifiée et culmine lors de la révocation de l'édit de Nantes (1685).

Très lié avec Bossuet, Fénelon est présenté à Mme de Maintenon dont l'influence contribue à le faire désigner en août 1689 comme précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.

Cependant, en octobre 1688, il avait rencontré Mme Guyon chez la duchesse de Béthune-Charost, fille du surintendant Foucquet. Mme de Maintenon venait précisément de la faire sortir du couvent de la Visitation auquel elle avait été « confiée » – pieux euphémisme – quelques mois auparavant, cependant que son directeur de conscience, le P. Lacombe, était incarcéré, la récente condamnation par Innocent XI, en cour de Rome, de la doctrine du quiétiste Molinos, en octobre 1687, ayant particulièrement sensibilisé la hiérarchie (en l'occurrence l'archevêque de Paris Mgr de Harlay), à toute nuance quiétiste ou pseudo-quiétiste. Et, certes, la sincérité pas plus que le désintéressement de Mme Guyon ne sauraient être mis en doute ; mais le lyrisme avec lequel elle prêche « l'abandon » à Dieu – et bientôt le relâchement de quelques novices de Saint-Cyr qui s'autorisent de sa spiritualité – déconcerte Mme de Maintenon. Cette dernière intervient au [...]


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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne, responsable du centre international de francophonie de l'université de Paris-IV

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Pour citer l’article

Jeanne-Lydie GORÉ-CARACCIO, « FÉNELON FRANÇOIS DE SALIGNAC DE LA MOTHE- (1651-1715) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/fenelon-la-mothe/