CHABOD FEDERICO (1901-1960)

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C'est à ses origines et à sa naissance valdotaines que Federico Chabod doit d'avoir toujours pratiqué parfaitement les deux langues, le français et l'italien. Mais son tour d'esprit, sa culture, l'organisation philosophique de sa pensée appartiennent à l'Italie. Il est nourri de néo-hégélianisme et il a reconnu Benedetto Croce comme son maître en publiant par exemple ses Studi di storia di Rinascimento dans un recueil destiné à honorer le philosophe à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire (1950). Plus encore le portrait qu'il trace de Machiavel (à partir de Niccolo Machiavelli, in Enciclopedia italiana, vol. XXXI, 1934 ; aujourd'hui in Eunaudi dir., Scritti su Machiavelli, Turin, 1964), en qui les trois moments de l'esprit, la logique, la politique et l'éthique coexistent pour se fondre en un tourbillon de ferveur créatrice, décrit certes avec beaucoup de précision et sans doute de ressemblance le politiste florentin, mais dans une forme et avec des moyens constitués dans la péninsule à la veille de la Première Guerre mondiale. Des Français peuvent s'étonner de cette association de la philosophie et de l'histoire : elle était usuelle outre-monts bien avant de nous parvenir. Au demeurant, elle n'affecte pas un génie d'historien formé d'acuité et de rigueur dans l'analyse des documents, par le talent avec lequel il sait mettre en rapport les faits établis de l'histoire générale avec les idées, par l'enrichissement progressif du point de vue qui s'étend au cours des ans vers l'histoire sociale.

Il n'avait que vingt-six ans lorsque, dans le séminaire d'histoire de la faculté de Berlin, il défendit contre le célèbre Meinecke la thèse de l'unité de composition du Prince et l'emporta. Dès 1928 et jusqu'à 1943, il collabora à l'Enciclopedia italiana. Sa carrière académique fut probablement freinée par une opposition discrète, mais ferme au régime fasciste. Professeur à l'université de Pérouse (1934), puis de Milan (1938), il poursuit ses travaux sur la [...]


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HISTOIRE (Domaines et champs) - Histoire des relations internationales

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  • Robert FRANK
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Dans le chapitre « Les écoles en Europe et en Amérique »  : […] En Italie, les débats ont été importants entre Mario Toscano, le tenant de l'histoire diplomatique classique, et Federico Chabod, qui a inspiré Renouvin par ses réflexions sur les rapports entre l'opinion publique et la politique extérieure. Chabod a ouvert la voie à la constitution de l'« école de Milan » autour de Brunello Vigezzi. La question de l'idéologie attire évidemment l'attention de ceu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-domaines-et-champs-histoire-des-relations-internationales/#i_80823

Pour citer l’article

Bernard GUILLEMAIN, « CHABOD FEDERICO - (1901-1960) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/federico-chabod/