EUROPEGéologie

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Données structurales

On peut scinder l'Europe en quatre ensembles définis par les orogenèses correspondantes : l'Europe précambrienne, considérée globalement, car ses divisions chronologiques ne forment pas de régions naturelles individualisées ; l'Europe calédonienne, ou Europe du Nord-Ouest ; l'Europe hercynienne (ou varisque), ou Europe du Sud-Ouest ; l'Europe alpine, ou Europe méditerranéenne. L'Europe centrale se développe au carrefour de ces différentes orogenèses.

L'Europe précambrienne

Le Précambrien d'Europe comprend des terrains qui se sont formés depuis 3 300 Ma jusqu'à 550 Ma, date de l'orogenèse assyntienne (de loch Assynt, en Écosse) dite encore cadomienne (de Caen, en France) ou baïkalienne (du lac Baïkal, en Russie), qui marque la fin des temps précambriens. Pendant ce très long laps de temps se sont succédé de nombreuses orogenèses qui aboutirent à la formation de vastes chaînes de montagnes qui furent toutes arasées ; nous ne les distinguerons pas ici, étant donné la relative homogénéité des paysages précambriens, quel que soit leur âge.

Les affleurements précambriens forment en Europe trois ensembles : les boucliers où affleure le Précambrien, restés indéformés au cours des temps phanérozoïques ; les noyaux précambriens qui ont été repris dans les orogenèses ultérieures ; la plate-forme de l'Europe orientale, qui correspond, sur un substratum de Précambrien resté stable, à une couverture phanérozoïque horizontale ou du moins peu déformée.

Il existe quatre boucliers en Europe : le bouclier balte (ou Fennoscandia), formant l'essentiel de la Suède, de la Finlande et des confins de ce pays avec la Russie, et qui s'enfonce au sud-est sous la plate-forme de l'Europe orientale ; le bouclier de Barents, qui affleure dans l'est du Spitzberg ; le bouclier ukrainien, qui affleure au sud-ouest de la plate-forme de l'Europe orientale, dont il représente le substratum ; le bouclier des Hébrides (ou Eria), représenté dans les îles Britanniques les plus septentrionales, et qui est plutôt un noyau précambrien repris dans la chaîne calédonienne. Les boucliers sont formés de terrains relativement anciens : vieux de plus d'un milliard d'années, ils constituent une plate-forme arasée sur laquelle se sont disposés les dépôts riphéens qui forment la base de la couverture horizontale de la plate-forme russe ou les dépôts torridoniens d'Écosse. Ce n'est que dans les noyaux précambriens que se rencontrent les terrains moins anciens, de 1 000 à 550 Ma, affectés par l'orogenèse assyntienne.

Les noyaux précambriens sont repris dans les chaînes plus récentes : chaîne calédonienne, chaîne hercynienne (notamment dans l'axe de la cordillère de l'Europe moyenne – massif Armoricain, Massif central, Vosges, Forêt-Noire, Bohême – et dans l'axe de la Meseta ibérique), chaîne alpine (notamment dans l'axe de l'ensemble Dinarides-Balkan : massif serbo-macédonien, massif du Rhodope). Si les terrains qu'on y rencontre sont souvent d'âge précambrien récent, comme le Briovérien (de Briovera, nom celte de Saint-Lô) du massif Armoricain, il s'y trouve cependant des terrains anciens, comme ceux du Pentévrien de Bretagne septentrionale et des îles Anglo-Normandes, où des âges de 2 800 Ma ont été rencontrés.

La plate-forme de l'Europe orientale est recouverte de terrains restés horizontaux depuis le Riphéen (1 000 Ma) : leur déformation est à l'échelle du millier de kilomètres, soit anticlinale (antéclises de Biélorussie, de Voronej, de la Volga), soit synclinale (synéclises balte, de Moscou), soit en forme de synclinal-fossé (aulacogènes du Donetz, de Patchelma). Sur son bord méridional, la plate-forme russe est frangée d'une dépression marginale accentuée dans son angle sud-ouest (dépression germano-polonaise) et dans son angle sud-est (dépression précaspienne) ; dans l'une comme dans l'autre, les dépôts salifères permiens abondent et ont donné naissance à de nombreux dômes de sel. La limite de la plate-forme de l'Europe orientale vers le sud a fait l'objet de conjectures : on a défini une « limite minimale », connue sous le nom de ligne de Tornquist, séparant les affleurements mésozoïques de Scanie, en Suède méridionale, du bouclier balte, et de là se prolongeant vers le sud-est, et une « limite maximale » allant jusqu'à l'Angleterre centrale (Midlands Craton).

L'Europe calédonienne

L'Europe calédonienne – qui tire son nom de Caledonia, nom latin de l'Écosse – s'est formée au cours du cycle calédonien, qui se développe de 550 à 400 Ma, au travers de différentes périodes orogéniques, dont la dernière, dite souvent ardennaise, marque la fin du cycle.

Elle forme une partie de la Scandinavie (Norvège, confins de la Suède, Spitzberg) et la plus grande partie des îles Britanniques (à l'exception des régions les plus méridionales). Elle est née d'un océan calédonien (Iapetus) qui séparait le bouclier balte du bouclier canadien-groenlandais (Laurentides), et dont la croûte forme les nappes ophiolitiques calédoniennes.

La chaîne calédonienne est une chaîne de collision typique, à double déversement, d'une part vers le bouclier scandinave (Spitzberg, Scandinavie, îles Britanniques), d'autre part vers le bouclier canadien-groenlandais (côte sud-est du Groenland) ; ces boucliers furent soudés à cette occasion en un continent nord-atlantique. Le prolongement naturel de cet édifice se trouve au Canada (Terre-Neuve, Provinces Maritimes, sud du Québec) et au nord-est des États-Unis (chaîne des Alleghany).

Les nappes de charriage sont remarquables en Scandinavie comme dans les îles Britanniques ; elles furent parmi les premiers complexes de nappes décrits dans le monde, en Écosse par Archibald Geikie, en Scandinavie par Alfred Elis Törnebohm.

L'extension de l'orogenèse calédonienne dans le reste de l'Europe demeure un problème : celle-ci y a, en effet, été reprise par les orogenèses hercynienne et alpine. Cependant, le problème se trouve posé pour différentes raisons :

– des raisons stratigraphiques, le Dévonien étant, ici ou là, discordant sur des formations cambro-siluriennes, plissées, voire métamorphisées (comme dans le massif du Brabant et dans les Ardennes), ou que l'on croyait précambriennes récentes (briovériennes) et dont beaucoup s'avèrent appartenir au Paléozoïque inférieur (comme dans le massif Armoricain, notamment en Vendée) ;

– des raisons chronologiques, un certain nombre de granites que l'on croyait hercyniens ayant donné des âges radiométriques calédoniens (comme dans le Massif central, les Vosges et la Forêt-Noire) ;

– des raisons tectoniques, la déformation calédonienne de l'Ardenne – qui se pl [...]

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Pour citer l’article

Jean AUBOUIN, Pierre RAT, « EUROPE - Géologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/europe-geologie/