EURASIE, biogéographie

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Données paléogéographiques

L'Eurasie résulte de la fusion de plusieurs unités paléogéographiques très anciennes (boucliers scandinave, sibérien, mongol, indochinois et indien) individualisées dès le Précambrien et séparées par une immense mer, la Téthys, dont la Méditerranée actuelle n'est qu'un vestige. De vastes mouvements orogéniques ont affecté cet ensemble érigeant des barrières naturelles dont les chaînes alpines, en place depuis la fin du Miocène, sont les plus considérables.

Par sa situation géographique, l'Eurasie se rattache au sud-ouest au bloc africain, au sud-est au continent australien, et enfin au nord-est au continent américain auquel elle fut longtemps reliée.

Cette dernière liaison a eu, du point de vue biogéographique, un rôle important : voie de passage d'abord empruntée pendant la deuxième moitié de l'ère secondaire par les grands Reptiles du continent asiatique (Sauropodes, Iguanodontes), elle a permis, au Tertiaire, de nouveaux échanges de faune (Amblypodes, Équidés et Proboscidiens). Plus récemment, il y a environ 25 000 ans, l'homme profita de la possibilité de passage offerte par l'isthme de Béring pour aller d'Eurasie en Amérique. La végétation s'est également homogénéisée dans tout l'hémisphère nord. Cette flore dite arcto-tertiaire était riche en Cycadales, Palmiers, Ébénales, Sapotacées, familles actuellement confinées dans les régions tropicales.

Les glaciations successives du Quaternaire, dernier grand événement géologique, couvrirent l'Amérique du Nord et l'Eurasie d'un immense inlandsis à l'exception de la partie orientale. Elles eurent pour conséquences de refouler vers le sud la majorité des composants floristiques tandis que certains s'adaptaient (rhododendrons, pins, chênes, nymphéas) et que d'autres apparaissaient et se différenciaient (Composées, Crucifères).

Plus tard, lors de réchauffements climatiques, certains éléments floristiques remontèrent vers le nord. Ces fluctuations latitudinales ont laissé, en Europe par exemple, ici et là des espèces « témoins », soit d'affinités tropicales (Dioscorea pyrenaica, Haberlea, Apocynacées, Ramondia pyrenaica, Chamaerops humilis), soit d'affinités arcto-tertiaires (Betula nana, Salix lapponum).

Ces données paléogéographiques et surtout la similitude des peuplements végétal et animal expliquent que les régions paléarctique (Eurasie au nord de l'Himalaya) et néarctique (Amérique du Nord) aient été réunies par certains biogéographes en une vaste région holarctique.

Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Monde, les grandes ceintures végétales se succèdent de la toundra aux déserts en passant par la zone forestière (forêt sempervirente, ou taïga, et forêts mixte et décidue), et la zone des prairies (steppes), déformées seulement par le relief montagneux. Nombre de formes végétales sont communes aux deux continents. Ainsi les sapins (Abies), mélèzes (Larix), aulnes (Alnus) et hêtres (Fagus) se retrouvent dans tout l'hémisphère Nord ; de même les groseilliers (Ribes), l'Empetrum. Plus rares sont les espèces qui sont circumboréales, telle l'anémone bleue (Anemone hepatica A. triloba) des sols calcaires.

La faune est représentée soit par des formes identiques, loup et renne par exemple, soit par des formes très voisines : lynx d'Eurasie et lynx du Canada, renard d'Europe et renard américain, ours brun d'Eurasie et ours noir et grizzly d'Amérique... Dans d'autres cas, aux mêmes biotopes correspondent des animaux éthologiquement semblables : les chiens de prairie américains (Cynomys) tiennent la place des sousliks eurasiatiques (Citellus).

Ours brun

Photographie : Ours brun

L'ours brun (Ursus arctos), l'un des plus grands carnivores actuels. 

Crédits : James Balog/ Stone/ Getty Images

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En revanche, les échanges biogéographiques entre le nord et le sud de l'Eurasie ont été très réduits du fait de la barrière himalayenne et de ses prolongements.

Ainsi a pu se constituer une région orientale ou Indo-Malaise originale, exempte de glaciations, et en rapport à peu près constant avec l'Afrique, bien que les échanges floristiques et fauniques soient considérablement freinés depuis le début du Quaternaire par la zone désertique d'Arabie.

Cette région orientale a de tous temps été nettement séparée de la région australo-papoue par de grandes fosses marines. La g [...]

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Ours brun

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Goéland cendré

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Goéland railleur
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Mouette tridactyle
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Pierre PFEFFER, « EURASIE, biogéographie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eurasie-biogeographie/