BARBA EUGENIO (1939- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les petites îles de l'archipel Odin

Un des traits spécifiques des acteurs de l'Odin est qu'ils s'astreignent à un entraînement continu et individuel. À leur niveau d'expérience, ce travail consiste à structurer des modèles de comportement, ce qui aboutit souvent à des séquences dramaturgiques montées dans un spectacle mis en scène par Barba et présenté au public. Il en résulte, en marge des grandes réalisations de la troupe, maintes petites formes, chacune gérée, sous son entière responsabilité, par l'acteur ou le petit groupe qui l'a élaborée. Certaines font date : en 1984, Il Romancero di Edipo de Toni Cots ; Marriage with God d'Iben Nagel Rasmussen et César Brie. En 1987, Roberta Carreri crée Judith, qui remporte un tel succès qu'elle n'a pas cessé de le présenter en tournées ; en 1989, Memoria d'Else Marie Laukvik et Frans Winther ; en 1990 Le Château d'Holstebro de Julia Varley ; en 1991 Itsi Bitsi d'Iben Nagel Rasmussen, Jan Ferslev et Kai Bredholt. Cette multiplicité d'activités individuelles prouve qu'à l'Odin Teatret la créativité n'est pas dévolue qu'au chef de troupe. L'acteur y est authentiquement créateur.

L'activité filmique de l'Odin Teatret Film, dont Torgeir Wethal est la cheville ouvrière, connaît une grande importance. Certaines réalisations sont les enregistrements des spectacles, d'autres des démonstrations du « training » physique et vocal. Les films les plus révélateurs de la spécificité de l'Odin sont des journaux de voyage. On voit ainsi l'Odin à Carpignano, au Venezuela, au Pérou, en Afrique et l'on peut juger de ses rapports avec les gens du lieu : étonnement et participation bientôt acquise des paysans italiens, accueil ouvert et contact tout de suite établi dans les poblaciónes, sous le regard suspicieux des autorités que l'humour des comédiens déconcerte mais tient en respect.

Le temps n'a pas freiné le dynamisme de l’Odin Teatret. Sans bouleversements profonds, mais par de fréquentes remises en question, Eugenio Barba a su le renouveler tout en préservant son image.


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages


Écrit par :

  • : ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, critique dramatique de Regards et des revues Europe, Théâtre/Public, auteur d'essais sur le théâtre

Classification


Autres références

«  BARBA EUGENIO (1939- )  » est également traité dans :

THÉÂTRE OCCIDENTAL - Théâtre et sociétés

  • Écrit par 
  • Jean-Marie PRADIER
  •  • 9 668 mots

Dans le chapitre « L'attraction ritualiste »  : […] Répondant à un journaliste, qui évoquait l'aspect « religieux » de son théâtre, Eugenio Barba remarquait que le mot « rite » était une « formule vide que les critiques appliquent sur les phénomènes théâtraux quand ils n'ont plus d'étiquette pour les cataloguer » ( Un théâtre de sectaire , 1967). Tout se passe comme si la référence au rituel comblait le vide conceptuel provoqué par l'absence d'une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/theatre-occidental-theatre-et-societes/#i_81056

Voir aussi

Pour citer l’article

Raymonde TEMKINE, « BARBA EUGENIO (1939- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugenio-barba/