DREWERMANN EUGEN (1940- )

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Le péché réévalué

C'est cette idée qui va le guider dans l'élaboration de sa thèse fondamentale, qui porte sur les onze premiers chapitres de la Genèse : Le Mal (Strukturen des Bösen, 3 vol., 1977-1978). Usant tour à tour de l'exégèse, de la psychologie des profondeurs (Jung) et de la philosophie (Kant, Hegel, Kierkegaard et Sartre), il propose une vision renouvelée de la doctrine du péché originel : saisi d'angoisse devant sa liberté, l'homme fuit sa condition d'être limité, mais responsable. Cette contradiction éclaire la nature profondément conflictuelle des personnes et de la société.

Drewermann est alors conduit à dénoncer le continuel glissement du langage chrétien vers un moralisme qui, loin de promouvoir la confiance, écrase l'individu. Il lui oppose celui de l’Évangile : « Va, ta foi t'a sauvé », redit sans cesse Jésus, véritable « guérisseur » de l'âme. Celui-ci sauve l'homme, non pas d'une dette due à Dieu, mais de la culpabilité que provoque en lui l'idée d'une telle dette et de la volonté de justifier soi-même son existence. Dans son commentaire de l'Évangile de Marc, il discerne dans la Crucifixion l'effet d'une réaction quasi névrotique de l'homme contre une figure insupportable de liberté.


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Jean-Pierre BAGOT, « DREWERMANN EUGEN (1940- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugen-drewermann/