ESTONIE

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Nom officielRépublique d'Estonie (EE)
Chef de l'ÉtatAlar Karis (depuis le 11 octobre 2021)
Chef du gouvernementKaja Kallas (depuis le 26 janvier 2021)
CapitaleTallinn
Langue officielleestonien
Unité monétaireeuro (EUR)
Population1 328 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)45 339

Littérature

La littérature estonienne est celle d'une nation de 1 351 000 habitants, parlant une langue finno-ougrienne proche du finnois et incluse tour à tour dans les aires d'expansion des mondes scandinave, allemand et russe. La littérature estonienne écrite ne date guère que du xixe siècle, mais son éclosion fut facilitée par l'existence d'une tradition orale d'une exceptionnelle richesse, ainsi que par la fixation d'une langue de référence, celle de la Bible. Les tentatives de russification à la fin du xixe siècle ainsi que la réaction qui suivit les événements de 1905 n'empêchèrent pas les écrivains estoniens de se mettre à l'écoute de l'Europe et de trouver en Finlande un modèle à leurs aspirations. Conséquence de la Première Guerre mondiale et de la révolution russe, l'accession du pays à l'indépendance ouvre un véritable âge d'or des lettres estoniennes, mais la montée des totalitarismes, l'occupation puis l'annexion par l'U.R.S.S., l'occupation allemande et la perte définitive de l'indépendance contraignent finalement à l'exil la très grande majorité des écrivains qui, après l'automne 1944, poursuit son activité à l'étranger. Le renouveau littéraire qui a suivi en Estonie la fin de la période stalinienne et l'accès à l'indépendance en 1991 témoigne pourtant de la vitalité d'un peuple de haute culture, dont il faut regretter que son isolement linguistique et les vicissitudes de son histoire ne lui aient pas encore permis de mieux faire entendre sa voix.

Le folklore et l'Écriture sainte

Si, en Estonie, la tradition de la poésie populaire, restée vivante jusqu'à nos jours, remonte à l'âge du fer et des Vikings, les premiers ouvrages imprimés en langue estonienne ne datent que du xvie siècle. Ce sont des catéchismes, des sermons ; ce sera surtout la traduction de la Bible. Publiée en 1739, et due à A. T. Hellen, elle sera longtemps la seule lecture du peuple. C'est en partie à cause du précédent ainsi créé que le dialecte du Nord sera, au début du xixe siècle, choisi comme langue littéraire.

Une lamentation en vers sur la destruction de Tartu, quelques récits didactiques, tels sont, au xviiie siècle, les premiers balbutiements de la littérature laïque. Mais dans le même temps la richesse du folklore commence à susciter l'enthousiasme des collecteurs. Le plus important, A. W. Hupel (1737-1819), publie les nombreuses livraisons de ses Topographische Nachrichten et envoie à Herder sept poèmes populaires estoniens que ce dernier va inclure dans ses Stimmen der Völker in Liedern.

La première vague romantique : des Estophiles au Kalevipoeg

Le début du xixe siècle est marqué par la naissance du mouvement estophile et la réouverture, en 1802, de l'université de Tartu – fondée en 1632 à l'époque suédoise – qui va devenir le principal foyer de la culture nationale. L'intérêt pour la langue et le folklore ne cesse de croître. Un Estonien, K. J. Peterson (1801-1822), traduit en allemand la Mythologia Fennica du Finlandais Ganander. En 1839 est fondée la Société des gens instruits d'Estonie. La publication du Kalevala, en Finlande, donne à F. R. Fählmann (1798-1850), grand collecteur des légendes populaires, l'idée de doter la nation estonienne d'une épopée analogue en s'inspirant des récits de tradition orale. Ce projet, que Friedrich Reinhold Kreutzwald (1803-1882) va mener à bien, ce sera le Kalevipoeg (Le Fils de Kalev), dont une première version, accompagnée d'une traduction allemande, paraît en 1857-1861 et qui, sous sa forme définitive publiée en 1862, comprend 19 047 vers groupés en 20 chants. Les principaux épisodes en sont les suivants : le fils de Kalev se rend en Finlande où il commet un double crime – il séduit la demoiselle de « l'île » et, dans un moment d'ivresse, tue le fils du « forgeron de Finlande » ; plus tard, devenu roi, il cultive la terre, construit, se rend deux fois en enfer, triomphe du diable, accomplit en bateau un voyage au bout du monde ; en combattant les ennemis qui envahissent son pays, il perd ses deux jambes, victime de sa propre épée qui lui avait été volée ; hissé sur un cheval, il gardera désormais les portes de l'enfer. Plus encore que Lönnrot dans le Kalevala, Kreutzwald a pris, en composant le Kalevipoeg, de grandes libertés avec la tradition populaire authentiqu [...]

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Estonie : carte physique

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Estonie : drapeau

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Tallinn, capitale de l'Estonie

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Lennart Meri

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Écrit par :

  • : docteure en civilisation russe, option géographie (Institut national des langues et civilisations orientales), rédactrice pour les revues Questions Internationales et P@ges Europe de la Documentation Française, corédactrice en chef de la revue Regard sur l'Est, chargée de cours à l'Institut national des langues et civilisations orientales
  • : docteur de l'Université, ancien maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (histoire des pays Baltes)
  • : écrivain, traducteur

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Pour citer l’article

Céline BAYOU, Suzanne CHAMPONNOIS, Jean-Luc MOREAU, « ESTONIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/estonie/