ERTÉ ROMAIN DE TIRTOFF dit (1892-1990)

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Une activité protéiforme

Après la guerre, alors que l'art déco est définitivement passé de mode, il va ajouter une corde à son arc en se tournant vers l'opéra. Il commence en 1944 par un Don Pasquale, que suivent d'innombrables projets, dont la Traviata, et une célèbre production de Glyndebourne du Chevalier à la rose en 1980, suivie cinq ans plus tard d'Anatol, de Schnitzler, à Los Angeles.

Entre-temps, il est redevenu une figure publique. En 1965, en effet, le collectionneur et galeriste Jacques Damase organise une première rétrospective de ce personnage menu et froufroutant, dont on a oublié le nom. L'exposition du musée des Arts décoratifs sur le style 1925 suit à un an d'intervalle ; Andy Warhol et les collectionneurs de tous ordres se déchaînent ; les premiers livres, dont celui de Spencer, paraissent en Angleterre. En guise de Préface pour la publication de l'alphabet anthropomorphe d'Erté, dont l'exécution s'étale de 1927 à 1967, l'éditeur Franco Maria Ricci commande un essai à Roland Barthes, qui ne pouvait qu'être ému par cet art fondé sur la combinatoire infinie d'éléments récurrents, sur la transformation du corps en hiéroglyphe et sur une profonde intelligence des signes.

Les vingt dernières années de la vie d'Erté se passèrent ainsi dans une activité frénétique : expositions, scénographies, lithographies et même sculptures, destinées au marché américain où des amateurs plus ou moins raffinés se disputaient une œuvre devenue valeur de placement.

Imperturbable, le petit maître poursuivait quotidiennement son travail dans son refuge de Boulogne ; de même qu'il s'était distingué dans les années 1920 par ses tenues de lamé d'argent ou ses costumes de Cléopâtre, il se promenait à quatre-vingt-treize ans, tenant de Lilian Gish et d'un grand-duc d'opérette, en chemise écarlate et costume gris tourterelle, la cravate retenue par une serre d'aigle en platine. Le temps n'était pour Erté qu'un attribut accessoire de la réalité. Il pouvait faire appel à une mémoire d'une précision étonnante, et seul comptait pour lui un mond [...]

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  • : écrivain, directeur des éditions Le Promeneur et Thames &Hudson

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  • Écrit par 
  • Guillaume GARNIER
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Pour citer l’article

Patrick MAURIES, « ERTÉ ROMAIN DE TIRTOFF dit (1892-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/erte/