ÉQUATEUR

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Nom officielRépublique de l'Équateur (EC)
Chef de l'État et du gouvernementGuillermo Lasso (depuis le 24 mai 2021)
CapitaleQuito
Langue officielleespagnol 1
Note : Le quechua et le shuar sont également des langues officielles pour les Indiens
Unité monétairedollar des États-Unis (USD)
Population17 612 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)256 700

Une histoire tourmentée

Une partie de l'ancien Empire inca

Le territoire de l'actuelle république de l'Équateur faisait partie de l'Empire inca jusqu'à sa conquête par Pizarro en 1532. L'Équateur proclama son indépendance en 1809, à la suite d'un mouvement révolutionnaire, mais ne la recouvra réellement et totalement qu'en mai 1822, après que le général Sucre eut vaincu les Espagnols. D'abord intégrée dans la Fédération de Grande Colombie fondée par Bolívar, l'ancienne « présidence » de Quito, suivant l'exemple du Venezuela, fit sécession et se proclama « république libre et indépendante » le 13 mai 1830.

Statue du président Sucre

Photographie : Statue du président Sucre

Une statue du Bolivien Antonio José de Sucre (1795-1830), à Bogota (Bolivie). Il met fin, en 1824, à la domination espagnole en Amérique et en 1826 devient le président de la nouvelle Bolivie indépendante. 

Crédits : Spencer Arnold/ Getty Images

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Alternance des « conservateurs » et des « libéraux »

En août de la même année, une assemblée constituante porta un conservateur, le général Flores, artisan de l'indépendance, à la présidence de la République. Il fut renversé en 1835 par Vicente Rocafuerte, libéral, mais fut réélu en 1839. Il fut à nouveau déposé en 1845 à l'initiative de Vicente Rocafuerte, qui fit élire Vicente Roca, un autre libéral. Ce dernier termina son mandat en 1849. Élu en 1850, Diego Novoa, accusé de « conservatisme », fut renversé en 1852. Plusieurs généraux se succédèrent ensuite au pouvoir jusqu'en 1861, date à laquelle une convention nationale porta à la présidence le chef des conservateurs catholiques, Gabriel García Moreno. Bien qu'il ait fait proclamer une constitution établissant le suffrage universel (la septième depuis l'indépendance), Gabriel García Moreno fut un dictateur qui plaça le pays sous l'autorité de la Société de Jésus et confia la totalité de l'enseignement à l'Église. Il fut assassiné en 1875 et son cadavre fut taillé en pièces par la foule.

De 1875 à 1895, les gouvernements s'efforcèrent de mettre fin à l'âpre lutte entre les conservateurs et les libéraux. Ceux-ci, représentés par Eloy Alfaro, furent portés au pouvoir par la révolution de 1895 et le conservèrent jusqu'en 1912. Alfaro s'attela à démanteler l'administration mise en place par son prédécesseur. Il procéda à d'importantes réformes de laïcisation – précurseur dans l'Amérique latine de l'époque – et à la modernisation de l'État, notamment en instituant la liberté de religion, le divorce, et en assouplissant le contrôle sur la presse. Puis, pendant dix-huit ans, caudillos et coups d'État ne cessent de se succéder. En 1930 éclata à Quito une révolution qui fit 200 morts ; elle était due en partie aux graves difficultés économiques résultant de la crise mondiale de 1929 et de la mévente de cacao. Une période troublée s'ensuivit jusqu'en 1934 où l'ingénieur Francisco Páez prit le pouvoir et gouverna en dictateur. En 1940, le Dr Arroyo del Río succéda au président Narvaez, décédé en 1939.

Des remous politiques

Une révolution porta au pouvoir, en 1944, José María Velasco Ibarra, dont la personnalité domina la scène politique vingt-cinq ans durant. Représentatif des grandes familles créoles équatoriennes et volontiers autoritaire, il avait été élu une première fois à la tête de l'État en 1933 et déposé en 1935 après s'être proclamé dictateur. Il fut à nouveau chassé du pouvoir en 1948 à la suite d'une révolte par les socialistes et les libéraux. Mais il fut une nouvelle fois déposé par l'armée en novembre 1961. Sa chute, due au mécontentement populaire provoqué par la dévaluation, fut précipitée par le violent conflit qui l'opposait à son vice-président libéral, Carlos Julio Arosemena. Après une semaine de confusion totale au sein du gouvernement et de l'armée, Arosemena fut désigné par le Congrès comme président de la République.

Cependant, le 11 juillet 1963, le président Arosemena fut à son tour renversé par l'armée qui l'accusait de « favoriser le communisme ».

La junte fut renversée le 31 mars 1966, sans effusion de sang, et le Congrès élut en novembre 1966 un président provisoire, le Dr Arosemena Gómez, leader de la Coalition institutionnelle démocratique (C.I.D.), et une assemblée constituante chargée de rédiger la seizième Constitution depuis l'indépendance.

Conservateurs, libéraux et socialistes (peu nombreux) préparèrent les élections du 2 juin 1968 dans une atmosphère de violence. Bien qu'élu avec une marge faible et sérieusement contestée, José María Velasco Ibarra – qui avait pris pour thème de sa campagne : « Velasco hier, aujourd'hui et demain » – fut porté pour la cinquième fois de sa carrière, à l'âge de soixante-quinze ans, à la présidence de la République équatorienne.

Le 15 février 1972, renversé pour la cinquième fois par un coup d'État, le président Ibarra cède la place au triumvirat militaire du général Guillermo Rodríguez Lara, à qui succède le 11 janvier 1976 un Conseil suprême dirigé par le contre-amiral Alfredo Poveda.

Fort de la découverte de gisements d'hydrocarbures en 1973, l'Équateur se hisse au second rang des producteurs de pétrole d'Amérique du Sud. Cette manne favorise aussi, sous la houlette de l'armée, la modernisation économique et politique, trait marquant des années 1970. Après le Mexique et le Venezuela, l'Équateur reprend à son compte le slogan « Semer le pétrole », autrement dit, utiliser les ressources procurées par les barils exportés pour financer le développement. De fait, le secteur des industries de substitution aux importations s'étoffe, la réforme agraire (loi d'octobre 1973) et la réalisation d'infrastructures rurales relancent l'agriculture (taux moyen de croissance de 4,4 p. 100 entre 1970 et 1977).

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Équateur : carte physique

Équateur : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Équateur : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Volcan Cotopaxi

Volcan Cotopaxi
Crédits : De Agostini/ Getty Images

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Quito (Équateur)

Quito (Équateur)
Crédits : Jeremy Horner/ The Image Bank/ Getty Images

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Écrit par :

  • : agrégé de géographie, docteur d'État ès lettres et sciences humaines, directeur de recherche au C.N.R.S.
  • : journaliste
  • : journaliste au journal Le Monde
  • : maître de conférences habilité, professeur à l'université de Paris Ouest Nanterre La Défense

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Pour citer l’article

Jean-Paul DELER, Yves HARDY, Catherine LAMOUR, Emmanuelle SINARDET, « ÉQUATEUR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/equateur/