ÉPILEPSIE

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Les crises d'épilepsie

Les crises épileptiques doivent d'abord être distinguées des autres variétés de crises cérébrales, c'est-à-dire, essentiellement :

– des crises cérébrales anoxiques qui résultent de la dépression soudaine, sous l'effet d'une anoxie transitoire, des fonctions d'une population de neurones ; parmi ces crises, qui ressemblent étrangement à certaines crises épileptiques, bien que résultant d'un mécanisme opposé (une paralysie de fonction des neurones au lieu d'une décharge excessive), les plus fréquentes sont dues à une anoxie cérébrale généralisée après interruption de la circulation cérébrale (ischémie) ; on les appelle syncopes ou lipothymies ;

– des crises cérébrales psychiques, qui représentent un mode de résolution somatique paroxystique d'un conflit psycho-affectif actualisé ; les plus habituelles sont les crises d'hystérie et les crises d'angoisse ;

– des crises hypniques, aussi bien celles qui engendrent le sommeil (narcolepsie) que celles qui sont engendrées par le sommeil (crises somnambuliques), et d'autres encore qui sont seulement liées au mécanisme du sommeil (crises d'hallucinose pédonculaire, crises de cataplexie) ;

– des crises toxiques ou toxi-infectieuses, qui résultent d'une intoxication médicamenteuse accidentelle ou d'une toxi-infection ;

– des crises métaboliques, survenant à l'occasion des désordres biochimiques qui accompagnent certains troubles du métabolisme (hypoglycémie, tétanie, insuffisance hépatique et rénale, etc.).

Ainsi séparées des crises cérébrales d'autre nature, les crises d'épilepsie doivent encore être distinguées entre elles suivant leur symptomatologie clinique et électro-encéphalographique et surtout suivant le siège et l'étendue de la décharge neuronique qui les provoque. Pour arriver à ce résultat, le mieux est de suivre la classification des crises épileptiques que le comité terminologique de la Ligue internationale contre l'épilepsie a proposée et qui a été retenue par l'Organisation mondiale de la santé pour la réalisation de son lexique.

Crises épileptiques généralisées

Dans le cas des crises épileptiques généralisées, l'expression clinique ne présente aucun caractère susceptible d'être rapporté à la mise en jeu d'un système anatomique ou fonctionnel localisé dans un hémisphère et comporte pratiquement toujours une abolition de la conscience, généralement associée à des phénomènes moteurs (convulsifs ou non convulsifs) intéressant de façon symétrique les deux côtés du corps et à des manifestations végétatives en masse. L'expression électro-encéphalographique des crises est d'emblée généralisée sur les deux hémiscalps, sous la forme de paroxysmes bilatéraux synchrones et symétriques. La décharge neuronique qui les provoque intéresse, sinon l'ensemble, du moins la plus grande partie des neurones qui occupent les deux hémisphères et le cerveau moyen.

Crise tonico-clonique : enregistrement polygraphique

Dessin : Crise tonico-clonique : enregistrement polygraphique

Schéma de l'enregistrement polygraphique d'une crise tonico-clonique montrant ses composantes motrices, végétatives et électro-encéphalographiques.Dans la précrise : dès les premières myoclonies enregistrées sur l'électro-myogramme (EMG), polypointes sur l'électro-encéphalogramme... 

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Ces crises épileptiques généralisées se subdivisent en huit variétés qui se répartissent en deux groupes, suivant qu'elles sont ou non caractérisées par des convulsions.

Crises épileptiques généralisées convulsives

Les crises tonico-cloniques (encore dites « grand mal ») comportent une phase convulsive tonique intense, suivie d'une série de convulsions cloniques particulièrement violentes, auxquelles succède un coma postcritique de plusieurs minutes ; c'est au cours de ces crises, particulièrement spectaculaires, que parfois le sujet pousse un cri initial, se mord la langue et perd ses urines, tandis qu'il se cyanose sous l'effet d'une apnée.

Crise tonico-clonique : enregistrement électro-encéphalographique

Dessin : Crise tonico-clonique : enregistrement électro-encéphalographique

Enregistrement électro-encéphalographique d'une crise tonico-clonique. La dernière ligne représente les spectres de fréquence de l'activité cérébrale tels qu'ils sont enregistrés par un analyseur automatique. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les crises toniques, beaucoup plus brèves (cinq à dix secondes), sont caractérisées par une phase convulsive tonique seulement et les crises cloniques, de longue durée (une ou plusieurs minutes), par une phase convulsive clonique seulement.

Les secousses musculaires de très brève durée (une fraction de seconde) sont désignées sous le nom de myoclonies épileptiques massives bilatérales pour les différencier d'autres myoclonies épileptiques et non épileptiques. Les secousses analogues, mais de plus longue durée (une seconde environ), surviennent presque exclusivement chez les nourrissons et sont qualifiées de spasmes infantiles.

Crises épileptiques généralisées non convulsives

Les absences s'expriment essentiellement, sinon exclusivement, par une abolition de la conscience de très brève durée (une dizaine de secondes habituellement). On parle d'absences simples [...]

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Écrit par :

  • : professeur de neurophysiologie clinique à la faculté de médecine de Marseille
  • : chef de service honoraire de neurologie à la fondation ophtalmologique Adolphe-de-Rothschild

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Pour citer l’article

Henri GASTAUT, François MIKOL, « ÉPILEPSIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juillet 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/epilepsie/