ÉPICTÈTE (50 env.-env. 130)

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La vie et l'œuvre

Né à Hiérapolis en Phrygie (Pammukale, dans la Turquie actuelle), Épictète vint à Rome comme esclave d'un affranchi de Néron, Épaphrodite, dans la seconde moitié du premier siècle de l'ère chrétienne. Il évoque plusieurs fois ce personnage dans ses Entretiens (I, xix, 19 ; xxvi, 11) et ne semble pas l'avoir eu en très haute estime. Cet Épaphrodite lui avait, en tout cas, permis, semble-t-il, de suivre les cours du stoïcien Musonius Rufus, qui fit grande impression sur Épictète : les Entretiens (I, i, 27 ; I, vii, 32 ; I, ix, 29 ; III, vi, 110 ; III, xxiii, 29) font allusion souvent à son enseignement : « Il parlait de telle manière que chacun d'entre nous avait l'impression qu'on avait dévoilé toutes ses fautes. » Épaphrodite affranchit finalement Épictète et celui-ci ouvrit à son tour une école de philosophie à Rome. En 93-94, il tomba sous le coup de la mesure par laquelle l'empereur Domitien chassait les philosophes de Rome et d'Italie. Il s'établit alors à Nicopolis en Épire, ville grecque qui servait de port d'embarquement pour se rendre en Italie. Il y ouvrit à nouveau une école, où il eut comme auditeur assidu le futur historien et haut fonctionnaire romain Arrien. C'est presque uniquement grâce à Arrien que nous connaissons l'enseignement d'Épictète. Comme beaucoup de philosophes de l'Antiquité, Épictète lui-même n'a, en effet, rien écrit. Mais Arrien a noté, le plus fidèlement possible, les cours du maître, peut-être en s'aidant de la sténographie. Il le précise dans la lettre de dédicace qu'il a placée au début du recueil : « Je me suis efforcé de transcrire ses propos autant que possible avec ses propres termes, afin de garder soigneusement pour moi en vue de l'avenir la mémoire de sa pensée et de son franc-parler. Aussi, comme il est naturel, toutes ces notes ont l'allure d'une conversation spontanée d'homme à homme et nullement d'une rédaction destinée à rencontrer plus tard des lecteurs. » Brillant homme d'État sous le règne d'Hadrien, Arrien voulait être [...]


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Pour citer l’article

Ilsetraut HADOT, « ÉPICTÈTE (50 env.-env. 130) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/epictete/