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Les théories contractuelles de la firme

Pour comprendre la justification contractuelle de la firme, il faut, paradoxalement, prendre pour référence le modèle d'équilibre général de la théorie économique néo-classique, au sein duquel la firme, réduite au statut de « firme-point », n'a pas de véritable existence. Dans ce modèle, utile pour comprendre le rôle du système des prix, les firmes sont de simples « boîtes noires » – on ne s'interroge ni sur leur contenu, ni sur leurs frontières – supposées maximiser le profit. Les acteurs économiques accèdent gratuitement à toute l'information disponible et sont à même de percevoir et d'évaluer l'ensemble des conséquences de leurs décisions, dans toutes les conjonctures possibles, conformément à l'hypothèse de rationalité substantielle ou non limitée. Ils peuvent ainsi prendre des décisions optimales par simple calcul.

Dans un tel modèle, la coordination hiérarchique n'intervient pas. Les coûts de transaction, associés à la coordination des activités, étant nuls par hypothèse sur des marchés supposés parfaits, toute la coordination entre les firmes-points se fait spontanément par le marché. Les échanges sont régis par des contrats complets prévoyant l'ensemble des éventualités, et toute la coordination se fait par les prix. Un tel modèle, parfois qualifié d'économie du Nirvana, conduit à une efficience parfaite. À l'équilibre des marchés, la création de valeur est maximale.

Dans l'économie réelle, cependant, la rationalité est limitée, l'information n'est pas gratuite et il existe, en conséquence, des asymétries d'information entre les acteurs. Ces derniers, dont les intérêts divergent, tentent d'en profiter, notamment, s'ils sont opportunistes. Leurs stratégies individuelles peuvent ainsi réduire le surplus de valeur issu de la coopération, voire détruire cette dernière. En raison de l'incapacité d'acteurs non omniscients à rédiger des contrats complets, la coordination assurée par le marché, au moyen des seuls prix, ne peut résoudre le problème posé. Dans la pratique, les failles de la coordination par les prix se compensent [...]


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Écrit par :

  • : professeur émérite en sciences de gestion à l'université de Bourgogne

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Pour citer l’article

Gérard CHARREAUX, « ENTREPRISE - Théories et représentations », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/entreprise-theories-et-representations/