ADY ENDRE (1877-1919)

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Du renouveau symboliste aux oracles de la « vie accrue »

C'est en effet durant son premier séjour à Paris (1904-1905), et grâce à la découverte du symbolisme, que le talent d'Ady s'affirme. En 1899, à Debrecen où il avait fait de vagues études de droit et en 1903, à Nagyvárad (actuellement Oradea en Roumanie) où il s'était distingué par le courage et le franc-parler de ses articles, ses deux premiers recueils de vers n'avaient été que des promesses. Le troisième Poèmes nouveaux (Új versek), publié à Budapest en 1906, après son retour de France, inaugurait le renouveau de toute la littérature hongroise. Léda (Adél Brüll), une Hongroise mariée, établie à Paris, était l'initiatrice littéraire et, en partie, l'inspiratrice d'Ady. À cette influence s'ajoutaient deux expériences : l'opulence et la liberté du monde occidental évolué qui contrastait avec l'état arriéré de la patrie, et la syphilis, contractée naguère, mais constatée à Paris, qui l'orientait vers une conception sadomasochiste de l'amour. Sang et Or (Vér és Arany, 1907) devait être le titre significatif du recueil suivant.

Quand parurent Sur le char d'Élie (Az Illés szekerén, 1908), J'aimerais qu'on m'aime (Szeretném ha szeretnének, 1909), Poèmes de tous les secrets (Minden titkok versei, 1910), Ady était déjà le chef de la jeune génération et le grand homme de la revue Nyugat. C'était un homme gravement malade, usé par la névrose et l'alcool, en proie à des hallucinations nocturnes. Il allait s'engager en un débat véhément avec son dieu personnel, semblable à la fois au Seigneur de l'Ancien Testament, vengeur et paternel, et à une sorte de Trinité effrayante composée par le Temps, la Mort et le Néant. L'apparition de cette force mythique fait peu à peu converger les thèmes majeurs dans une vaste vision du Destin ; elle modifie aussi le langage qui, se dépouillant des mélodieux agréments du style symboliste et des fioritures du « modern style », prend les accents rugueux des prophètes de la Bible, des paraphrases de psaumes selon Clément Marot et Théodore de Bèze (ses lectures quotidiennes) ou encore celui, a [...]


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Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Lille

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Dans le chapitre « Buisson ardent de talents »  : […] Dans ce buisson ardent de talents, les poètes dominent et mènent le mouvement. Endre Ady (1877-1919), écrivain visionnaire que Paris et le symbolisme français libérèrent de tout le traditionalisme que contenaient ses écrits de jeunesse ; pénétré de plus en plus par la sève de l'ancienne poésie hongroise autochtone, il cristallisa, comme les génies authentiques, les efforts de ses prédécesseurs po […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hongrie/#i_5740

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L'histoire de la littérature hongroise au xx e siècle est étroitement liée à celle de la revue Nyugat . De 1908 à 1941, elle fut le réceptacle des tendances littéraires modernes les plus diverses. En tant que mouvement elle se révéla le catalyseur de la création, et en tant que forum des critiques indépendants un modèle de libéralisme et de tolérance. Son nom, « Occident », est déjà tout un progr […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nyugat-revue/#i_5740

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Pour citer l’article

André KARATSON, « ADY ENDRE - (1877-1919) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/endre-ady/