ENCADREMENT DES ŒUVRES, histoire de l'art occidental

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Origines et significations premières de l'encadrement des œuvres d'art

En 1435, Leon Battista Alberti définit, dans le traité Della Pittura, la peinture comme une fenêtre dont il est nécessaire de tracer d'abord le cadre. La bordure fonctionne dès l'origine, dans cette première théorisation du genre pictural, comme un signal qui indique au spectateur qu'il se trouve non pas face au réel, mais devant une œuvre née de la mimésis. L'invention du cadre procède avec logique de la définition même de l'illusionnisme en peinture. Le trompe-l'œil quant à lui, pour que l'illusion soit parfaite, se passe traditionnellement de cadre. C'est le cas, par exemple, du trompe-l'œil d'Antoine Fort-Bras (musée Calvet, Avignon), qui représente un chevalet de peintre et qui faisait l'étonnement du président de Brosses au xviiie siècle. Les figures chantournées, personnages peints disposés dans les appartements à l'époque classique, défient eux aussi l'encadrement. Les vignettes des livres romantiques effacent d'une autre manière les limites de l'image et se fondent dans la page de texte.

C'est en ce sens que Jean-Claude Lebensztejn, auteur, en 1987, d'un article pionnier dans le domaine de l'histoire des cadres, a pu parler d'une « articulation » entre l'œuvre et le monde extérieur. Articulation provisoire, interchangeable, redéfinie avec le temps. Le cadre isole l'œuvre, la protège, l'attribue (dans les musées, grâce à l'inscription du cartel), mais l'intègre aussi à l'ensemble d'une collection. Une œuvre conserve rarement son cadre d'origine et faire l'histoire de la manière dont elle a été encadrée s'avère toujours révélateur pour l'historien.

Dès l'Antiquité, certains portraits du Fayoum, par exemple, sont déjà encadrés par une petite baguette de bois. Sur les fresques de Pompéi et d'Herculanum, le rôle des bordures-fenêtres est évident et l'on ne sait plus parfois si le peintre représente, en trompe l'œil, un tableau suspendu au mur ou une fenêtre ouverte sur les jardins. La « tapisserie » de [...]


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, ancien élève de l'École normale supérieure, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Adrien GOETZ, « ENCADREMENT DES ŒUVRES, histoire de l'art occidental », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/encadrement-des-oeuvres-histoire-de-l-art-occidental/