EMPIRISME

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L'empirisme au XIXe et au XXe siècle

Le problème central : induction et hypothèse

L'empirisme professé au xixe siècle a certaines caractéristiques qui lui sont propres : l'importance accordée aux méthodes inductives de Stuart Mill et à la psychologie génétique. La notion d'empirisme est alors associée, d'une part, avec la thèse sensualiste qui se propose d'expliquer l'origine des idées à partir de la sensation, d'autre part, avec l'idée que l'induction généralisante est une méthode pour trouver les vraies causes ou les vraies antécédents. Ces deux thèses se comprennent assez bien par référence aux époques antérieures. D'un côté, la théorie des idées est une affaire du xviie siècle qui a évolué en même temps que la découverte de la sensibilité dans la littérature du xviiie ; de l'autre, l'intérêt porté à l'induction se rattache aux controverses sur la notion d'« hypothèse » à l'époque de Newton. Celui-ci avait employé le mot « hypothèse » dans des significations très diverses (cf. B. Cohen, The Newtonian Revolution, Cambridge, 1980 ; J. Noxon, Hume's Philosophical Development, Oxford, 1973). L'essentiel de la controverse peut se résumer ainsi : contre la méthode d'hypothèse attribuée aux cartésiens, les newtoniens ont défendu la méthode d'induction. Cette dissociation malheureuse entre méthode de l'induction et méthode de l'hypothèse allait être pour longtemps une source d'équivoques. L'idée de la méthode hypothético-déductive n'émergera que lentement au xixe siècle, à travers les œuvres de Whewell et de Herschel. La philosophie de l'hypothèse ne se développera vraiment qu'au xxe siècle (avec Poincaré et Popper par exemple). Rappelons, à ce propos, que Hume n'emploie pas le mot « induction » dans ses deux arguments célèbres sur l'inférence causale, alors qu'il recourt avec insis [...]


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Pour citer l’article

Edmond ORTIGUES, « EMPIRISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/empirisme/