GUPTA EMPIRE

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Naissance et apogée de l'empire Gupta

Śrī Gupta, roitelet assez obscur, passe pour avoir fondé la dynastie qui porte son nom. Son petit-fils, Candragupta Ier (prononcer « Tchandragoupta »), donna à cette dernière un éclat durable. Le mariage de Candragupta avec une princesse de la maison des Licchavi, dont la domination sur la région de Vaiśālī est attestée dès le ve siècle avant J.-C., est sans doute à l'origine de sa fortune. Souverain d'un territoire resté, grâce à sa position géographique, hors de portée des Occidentaux (Saka, Kṣahārata, Kuṣāṇa), il devait – tout comme le Candragupta de la dynastie Maurya, roi de Magadha à la fin du ive siècle avant J.-C. et grand-père d'Asóka, le premier unificateur de l'Inde – incarner en quelque sorte la réaction indienne face aux étrangers, et faire du Magadha le noyau d'un État unifié. L'année de son avènement (319/320) fut le point de départ d'une ère demeurée en vigueur jusqu'au xiiie siècle dans l'Inde centrale et au Népāl. Afin de marquer l'accroissement de sa puissance, il abandonna le titre de « roi » de ses prédécesseurs pour se donner celui d'« empereur ».

Candragupta avait fait porter ses efforts essentiellement sur l'unification de la région du Gange moyen. Ses successeurs adoptèrent une politique de conquête et étendirent considérablement leur pouvoir et leur prestige. Si l'on en croit le panégyrique de Samudragupta (335-375 env.), composé par un ministre et gravé sur un antique pilier d'Asóka à Kauśāmbī (aujourd'hui à Allahābād), ce monarque entreprit une série de campagnes à travers l'Aryavarta ou « domaine des Aryens » – c'est-à-dire la plaine indo-gangétique – et le Dekkan. Tantôt il annexait purement et simplement les terres de princes « déracinés » de « vive force », tantôt il se contentait d'imposer sa suzeraineté à ses adversaires malheureux et s'assurait l'alliance des États périphériques. Candragupta II (375-414 env.) augmenta ses possessions du Bengale à l'est et, au détriment des Saka qu'il défit en 388, de la Bactriane à l'o [...]

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300 à 400. Christianisme

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Empire Gupta, IIIe-IVe s. apr. J.-C.

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500 à 600. Reconquêtes

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Écrit par :

  • : chargée de recherche au CNRS, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Rita RÉGNIER, « GUPTA EMPIRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/empire-gupta/