TAYLOR ELIZABETH (1932-2011)

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A star is born

Elizabeth Rosemond Taylor est née le 27 février 1932 à Londres, où ses parents, commerçants américains en objets d'art, avaient ouvert une galerie de tableaux. En 1939, ils quittent l'Europe pour Los Angeles, où un ami remarque la beauté de la fillette et la pousse vers le cinéma, d'autant plus aisément que Mme Taylor mère fut actrice de théâtre jusqu'à son mariage. Elizabeth débute ainsi à dix ans chez Universal, avant que la M.G.M. ne la fasse jouer, entre autres, au côté d'une « star » du studio, Lassie, le fidèle chien. Elle gagne ses galons de star à douze ans avec National Velvet (Le Grand National, Clarence Brown, 1944), dans le rôle de Velvet Brown, « la petite fille qui aimait son cheval ». La jeune Elizabeth s'inscrit dans la continuation des rôles interprétés par Shirley Temple : une fillette charmante, souriante, un peu espiègle, au regard perçant et direct, les yeux violets encadrés de belles joues brillantes et de longs cheveux noirs. Mais elle grandit tout naturellement avec ses rôles. À quinze ans, elle joue avec trois stars de l'époque, William Powell, Zasu Pitts et Irene Dunne (Mon Père et nous, Michael Curtiz, 1947), puis elle est Amy, la plus peste des Quatre Filles du docteur March (Little Women, Mervyn LeRoy, 1949), aux côtés de Margaret O'Brien, Janet Leigh et June Allyson. À dix-huit ans, elle épouse – pour trois mois seulement – Nicky Hilton, héritier de la célèbre chaîne d'hôtels, en même temps qu'elle interprète la fille de Spencer Tracy et Joan Bennett dans Le Père de la mariée (Father of the Bride), de Vincente Minnelli (1950). Viennent ensuite les succès qui lui font rencontrer les stars déjà établies ou montantes : Rock Hudson, Montgomery Clift, James Dean, Robert Taylor, William Powell, Stewart Granger, Peter Ustinov, Van Johnson...). Deux films se détachent ici : Une place au soleil (A Place in the Sun, 1951) et Géant (1956) de George Stevens,

Dans Une place au soleil, Elizabeth Taylor forme un couple aussi mythique que tragique avec Montgomery Clift, dont elle restera une amie fidèle jusqu'à la mort de celui-ci en 1966. Face à Shelley Winters, malheureuse petite ouvrière enceinte de son patron, l'actrice n'a guère de mal à incarner la jeune femme riche, superbe et attirante... Dans ces années 1950, avec des films tels que Ivanhoé (1952), de Richard Thorpe, Le Beau Brummel, de Curtis Bernhardt (1954), ou encore La dernière fois que j'ai vu Paris (1954), il lui suffit d'une beauté naturelle, rehaussée par les artifices du studio. « Un bel emballage parfaitement dessiné... La voix d'une insipidité de collégienne. Elle étalait tout, mais quoi ? » Ce portrait peu avenant dressé par l'historienne féministe Molly Haskell est heureusement tempéré par d'autres remarques : « Un soupçon de fragilité derrière sa beauté et, comme Marilyn, elle paraissait plus à l'aise avec les hommes doux, sensibles... qu'avec ceux prétendus rudes. » Parmi eux, un être tout aussi angoissé et mythique que Montgomery Clift, James Dean, que Liz Taylor rencontre sur le tournage de Géant. Mais, ici encore, ni le film ni la mise en scène assez académique de George Stevens ne lui permettent d'affirmer sa vraie personnalité. Son personnage volontaire et ambitieux, plus masculin que celui qu'interprète Rock Hudson, reste dans les normes et les convenances.

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Elizabeth Taylor

Elizabeth Taylor
Crédits : Keystone Features/ Moviepix/ Getty Images

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Elizabeth Taylor et Richard Burton

Elizabeth Taylor et Richard Burton
Crédits : Stanley Sherman/ Hulton Archive/ Getty Images

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Qui a peur de Virginia Woolf ?

Qui a peur de Virginia Woolf ?
Crédits : Keystone/ Hulton Archive/ Getty Images

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La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958

La Chatte sur un toit brûlant, de R. Brooks, 1958
Crédits : Metro-Goldwyn-Mayer/ Collection privée

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « TAYLOR ELIZABETH - (1932-2011) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/elizabeth-taylor/