DI RUPO ELIO (1951- )

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Des fonctions multiples

Il en reviendra pour commencer une carrière ministérielle multiforme, d'abord à la Communauté française, au début de 1992, où il est ministre de l'Enseignement puis, en 1993, de l'Audiovisuel. Il devient chef de file du PS au gouvernement fédéral en tant que vice-Premier ministre, en charge des Communications et des Entreprises publiques d'abord (1994-1995), de l'Économie et des Télécommunications ensuite (1995-1999). Enfin, il est ministre-président de la Région wallonne, de 1999 à 2000, puis de 2005 à 2007.

En dépit de la brièveté de ces étapes, le ministre Di Rupo parvient à imprimer sa marque à chacune d'entre elles : qu'il s'agisse de rendre confiance, même temporairement, à un monde enseignant déstabilisé par un long mouvement social ; de s'inscrire dans le mouvement de libéralisations d'entreprises publiques qu'il s'attachera à faire passer pour des « consolidations stratégiques » ; ou de lancer un « contrat d'avenir pour la Wallonie », ambitionnant de rompre avec des pratiques qui entravent son redressement.

Lorsqu'il est ministre fédéral, il fait involontairement l'actualité dans un autre registre, celui du privé, qu'il n'y aurait pas lieu d'évoquer si l'incident n'avait marqué une profonde fêlure, des connivences ou des aversions irréductibles : en novembre 1996, alors que l'émotion suscitée l'été précédent par l'affaire Dutroux est restée vive, un jeune mythomane conduit la justice à ouvrir une enquête à son sujet. Si les accusations de pédophilie sont rapidement réduites à néant, il doit assumer l'étalage public de son homosexualité.

Il est pour la première fois élu à la présidence du PS en 1999. C'est un poste politique important, singulièrement en Wallonie où la formation affiche une domination constante. Elio Di Rupo ne manque pas de s'y imposer ; avec une réussite irrégulière toutefois, jusqu'au revers historique des élections fédérales de juin 2007, qui voient pour la première fois les libéraux du Mouvement réformateur devancer le PS en Wallonie. Les socialistes paient là une deuxième vague d'affaires, après celles qui ont suivi l'assassinat de leur ancien leader André Cools en 1991. Des critiques restées jusque-là marginales à l'égard du président Di Rupo – sur son omniprésence, un certain attentisme, une ligne idéologique parfois louvoyante, ses sollicitudes soutenues pour sa ville de Mons, ses intonations « belgicaines » aux yeux des régionalistes... – se manifestent alors ouvertement pour lui suggérer de se retirer de la présidence du parti ou au moins de celle du gouvernement wallon qu'il occupe alors en cumul. S'il quitte la seconde, il garde la première. Les événements ultérieurs tendront à lui donner raison.

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Écrit par :

  • : diplômé en droit de l'Université catholique de Louvain (Belgique) et en journalisme (École supérieure de Lille), journaliste

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BELGIQUE - La période contemporaine

  • Écrit par 
  • Jean FANIEL, 
  • Xavier MABILLE
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Dans le chapitre « Le déplacement du centre de gravité institutionnel »  : […] Le 11 octobre 2011, soit plus d’un an après le scrutin de juin 2010, est présenté à la presse l’accord conclu entre les partis socialistes, libéraux, de tradition sociale-chrétienne et écologistes, francophones et flamands, pour une sixième réforme institutionnelle. Le texte prévoit la scission de la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde, mais les habitants de certaines communes sit […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Paul PIRET, « DI RUPO ELIO (1951- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/elio-di-rupo/