EITOKU KANŌ (1543-1591)

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Au service des daimyō

Eitoku était le petit-fils de Kanō Motonobu (1476-1559), peintre officiel de la cour des Ashikaga. Artiste éclectique, Motonobu avait su concilier l'emploi de la peinture à l'encre, à la mode chinoise, hérité de son père Masanobu, avec les couleurs vives de l'école Tosa, gardienne à la cour impériale des traditions du Yamato-e, la peinture nationale du Japon, élaborées au cours de l'époque Heian.

De son vrai nom Genjirō, le peintre eut plusieurs noms de pinceau : Kuninobu, Eitoku.

En 1576, Eitoku est désigné pour assurer la décoration intérieure du château fort d'Azuchi, que le daimyō Nobunaga faisait ériger sur la rive est du lac Biwa. Disparue dans les flammes dès 1582, cette résidence grandiose a laissé dans l'esprit des contemporains un souvenir impérissable. Pour les vastes appartements officiels éclairés faiblement par la lumière du jour, Eitoku créa le dami-e : peinture en couleurs vives et opaques (empruntées aux Tosa) sur un fond doré, analogue à celui des paravents. Des cernes épais et souples entouraient ces compositions aux tons contrastés. Les peintures, exécutées sur papier blanc, étaient ensuite entourées de rectangles de papier doré, découpés et collés sur le fond. Ce fut également un trait de génie de l'artiste que de consacrer chacune des grandes salles à un seul thème floral : fleurs de prunier, pivoines, érables rouges, évocateurs de la succession des saisons à laquelle les Japonais ont toujours été très sensibles.

Après la mort de Nobunaga, son lieutenant Hideyoshi s'empare du pouvoir ; grand bâtisseur, il associe Eitoku à sa gloire. Il subsiste peu de vestiges de ces immenses ensembles. Le rayonnement d'Eitoku resta si grand, au cours des siècles qui suivirent, que de nombreux moines de Kyōto attribuèrent au peintre une partie des décors de leurs monastères. La tradition des moines du Daitokuji reconnaît dans le décor du Jukōin le travail conjoint d'Eitoku et de [...]

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Écrit par :

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Dans le chapitre « Suprématie des Kanō »  : […] La conjonction d'hommes désireux d'affirmer leur prestige et d'un peintre de génie devait favoriser l'essor de l'école Kanō, qui domina la fin du xvi e  siècle . Kanō Eitoku (1543-1591), petit-fils de Motonobu, orne les vastes surfaces des demeures des grands dictateurs de fusuma à fond d'or aux couleurs opaques cernées d'une ligne souple et épaisse. Ses thèmes sont très divers : légendes chinois […] Lire la suite

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Madeleine PAUL-DAVID, « EITOKU KANŌ (1543-1591) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eitoku/