ÉGYPTEL'Égypte arabe

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La conquête arabe

Au cours de l'année 638, quatrième du règne du calife Omar, six ans après la mort de Mahomet, un congrès se réunit dans une petite ville de Palestine : les généraux arabes qui venaient de s'emparer de cette région voulaient se concerter avant d'entreprendre de nouvelles opérations. Le calife était venu de Médine pour présider ce conseil de guerre, qui prit la décision d'envahir l'Égypte. Ce projet était mis à exécution dès l'année suivante. Les Arabes, empruntant la route naturelle des invasions venues de Syrie, suivie par les troupes de Cambyse et de Chosroès II, se rendirent maîtres de Farama, l'ancienne Péluse, au bout d'un mois d'efforts et, avant de parvenir à Babylone, durent stopper encore un mois devant Belbeis. La forteresse de Babylone capitula après sept mois de lutte, mais les Grecs n'étaient pas vaincus du fait de cet échec. Les Byzantins avaient concentré tout leur effort à Alexandrie, qui résista davantage. Vers le sud, un détachement considérable s'achemina vers la frontière nubienne, tandis qu'un important contingent se dirigeait sur la Libye.

Quelques années plus tard, les Grecs réussirent à reprendre pied à Alexandrie, mais ne purent empêcher la réoccupation de ce port en 646. Le Delta n'était pas pacifié pour autant et les habitants de l'ancienne Éléarchie, célèbres par leur esprit d'insubordination, tinrent tête aux envahisseurs. Ce fait décida l'empereur Constant II à tenter en 655 un débarquement à Alexandrie, mais, malgré la supériorité numérique de ses vaisseaux, il fut battu par la flotte arabe.

Que l'enthousiasme des Arabes ait été soutenu par leur zèle religieux, qu'un butin extraordinaire ait pu exciter l'appétit de certains aventuriers, on ne saurait le mettre en doute. Mais ils profitèrent surtout, notamment en Égypte, des tendances séparatistes agressives de la population chrétienne qui ne se trouvait aucun lien de solidarité avec les maîtres byzantins, dont elle ne parlait pas la langue ni ne partageait intégralement les croyances.

Les autochtones acceptèrent donc avec indifférence, sinon avec soulagement, les stipulations d'un accord, anodines en apparence, qui ne modifiaient guère leur statut et paraissaient même l'améliorer. Pourtant, la domination musulmane devait provoquer une rupture de traditions et amener fatalement une altération de l'ancien sentiment national. Le peuple adopta progressivement la langue des vainqueurs, qui leur était indispensable en cas de conversion. Les commerçants et les artisans furent peu à peu obligés d'utiliser l'arabe, promu au rang de langue officielle au bout d'un siècle d'occupation. D'autre part, l'islamisation fut assez rapide, et il semble bien que les musulmans étaient en majorité à la fin du viiie siècle. Ainsi, les églises furent, dans les campagnes, converties en mosquées.

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1000 à 1100. Seldjoukides

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1200 à 1300. L'Asie des Mongols

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  • : membre de l'Institut, professeur honoraire au Collège de France

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Pour citer l’article

Gaston WIET, « ÉGYPTE - L'Égypte arabe », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/egypte-l-egypte-arabe/