ÉGYPTE ANTIQUE (Civilisation)La littérature

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La langue égyptienne

La langue égyptienne est classée dans la famille chamito-sémitique : les éléments du substrat africain (apparenté au libyco-berbère et aux langues de l'extrémité nord-est de l'Afrique) ont été mis en forme dans un cadre sémitique ; entre l'égyptien et les langues sémitiques (accadien, hébreu, arabe) maintes analogies peuvent être notées dans le système des pronoms personnels, l'existence d'une forme verbale d'état, dans le vocabulaire ; beaucoup de racines communes comportent trois radicales (trilitéralité).

Vers 3000 avant notre ère, au moment où s'organise l'irrigation totale de la vallée et où, sous l'autorité du pharaon, s'unifie politiquement le pays, apparaissent les premiers documents écrits : palettes votives, tablettes d'ivoire et bouchons de jarres portant des noms de produits, des titulatures de souverains ou de défunts.

Comme pour l'ensemble des langues chamito-sémitiques, les voyelles ne sont pas notées ; l'écriture hiéroglyphique n'offre que le squelette consonantique des mots. S'il est possible parfois de restituer la prononciation par comparaison au copte, la sonorité et le rythme de la littérature égyptienne nous échappent presque totalement ; il est ainsi fort difficile de juger des effets littéraires et d'approcher les jeux de la poésie. Il semblerait que, dans l'ensemble, les textes littéraires égyptiens aient une forme métrique ; notre distinction entre prose et poésie peut donc apparaître bien factice.

Les écritures typiquement égyptiennes disparurent avec le triomphe du christianisme. Le copte des chrétiens d'Égypte est l'ultime développement de la langue égyptienne ; il s'écrit au moyen de l'alphabet grec, complété par quelques signes empruntés au démotique. Le copte cesse d'être parlé au xviiie siècle, mais il continue d'être utilisé dans la liturgie de l'Église d'Égypte.


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Le pharaon Aménophis IV-Akhenaton et la reine Nefertiti

Le pharaon Aménophis IV-Akhenaton et la reine Nefertiti
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Masque de momie de Khaemouaset, fils du pharaon Ramsès II

Masque de momie de Khaemouaset, fils du pharaon Ramsès II
Crédits : Erich Lessing/ AKG

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Écrit par :

  • : secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres

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Pour citer l’article

Jean LECLANT, « ÉGYPTE ANTIQUE (Civilisation) - La littérature », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/egypte-antique-civilisation-la-litterature/