MUNCH EDVARD (1863-1944)

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Munch et l’expressionnisme

Avec son tableau oppressant Le Cri (1893, Nasjonalgalleriet, Oslo), Edvard Munch annonce la naissance d'une esthétique radicalement anti-académique : l'expressionnisme, dominée par une tension psychologique introspective quasi paroxysmique à l'origine de saisissants signes physiognomoniques. Sa portée sera immense dans l'art occidental tout au long du xxe siècle. La technique spontanée et le contenu sans concession de ses œuvres (tableaux et gravures sur bois), conséquences d'une expérience existentielle douloureusement assumée, marqueront sensiblement – mais dans des circonstances idéologiques contradictoires – de nombreux « fils spirituels », notamment : les représentants expressionnistes et néo-expressionnistes européens et américains, depuis Die Brücke jusqu'à Georg Baselitz (Homme avec voilier-Munch, 1982, Staatsgalerie, Stuttgart), en passant par Cobra, Francis Bacon, Willem De Kooning ou encore Bengt Olson, pour ses « dépaysages » extatiques.

Fasciné par le concept de métabolisme, Munch exprime l'idée que l'humanité et la nature sont inexorablement unies dans le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Dans ce cadre, il élabore une iconographie inédite, en grande partie inspirée par les philosophies « vitalistes » de Friedrich Nietzsche et d'Henri Bergson. Un retour conscient et réfléchi aux données de l'intuition singularise son œuvre à partir de 1892. Ses préoccupations éthiques bouleversent les valeurs convenues et apportent un substrat de critique morale et sociale d'une acuité toute nordique [voir les œuvres de la Finlandaise Helene Schjerfbeck, du Norvégien Gustav Vigeland, du Danois Kai Nielsen, du Suédois Anders Zorn...], célébrant le pouvoir des forces pulsionnelles, évoquées dans un style fluide et par des coloris d'une grande fraîcheur.

Les autoportraits, les scènes érotiques ou naturistes (période dite de Warnemünde, 1907-1908), comme les paysages dans lesquels règne la lumière [...]


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Écrit par :

  • : maître de conférences en histoire de l'art contemporain, université de Bretagne-Occidentale, Brest-Quimper, président-fondateur du Comité des historiens de l'art nordique
  • : docteur en philosophie, Historisches Museum der Stadt, Vienne

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EDVARD MUNCH, L'ŒIL MODERNE (exposition)

  • Écrit par 
  • Lionel RICHARD
  •  • 973 mots

Le début de carrière du peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) date des années 1880. Séjournant à Paris et à Berlin, il a acquis une réputation européenne avant 1914. Une nouvelle exposition au Centre Georges-Pompidou à Paris (21 septembre 2011 - 23 janvier 2012), avec pour commissaires Angela Lampe et Clément Chéroux, tend à montrer que son image d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/edvard-munch-l-oel-moderne-exposition/#i_15322

Pour citer l’article

Frank CLAUSTRAT, Hans BISANZ, « MUNCH EDVARD - (1863-1944) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/edvard-munch/