BURKE EDMUND (1729-1797)

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Un homme déchiré

Rien ne prédestinait Burke à devenir membre du Parlement pendant vingt-huit ans et à incarner, au jugement même du jeune Marx, le modèle de l'homme d'État. Comme le rappelle Burke en 1796, « pour être admis à l'honneur de servir [son] pays », il lui fallut « à chaque obstacle » présenter son « passeport » : « ni rangs ni supports » ne parlaient en sa faveur, mais seulement une connaissance approfondie des lois, des coutumes et des intérêts du royaume. Burke n'est pas anglais, mais irlandais ; il n'est pas aristocrate, mais bourgeois, fils d'un procureur à la cour de l'Échiquier ; il bénéficie d'un héritage, mais assez médiocre ; et il a beau recevoir une éducation anglicane, ses grands-parents maternels, chez lesquels il séjourne longtemps, comme sa mère et son épouse, sont catholiques.

Tout en poursuivant ses études de droit à Middle Temple, conformément à l'injonction paternelle, il tente une carrière philosophique et littéraire, publiant coup sur coup Une apologie de la société naturelle, texte ironique, critiquant les théories de Rousseau et de Bolingbroke dans le style même de ce dernier, et la Recherche philosophique sur l'origine de nos idées du sublime et du beau. Les succès obtenus lui permettent alors de passer contrat chez Dodsley pour une revue annuelle des événements historiques, politiques et littéraires, The Annual Register, dont il gardera la direction jusqu'en 1776.

Sa carrière politique s'amorce cependant dès 1759, quand un poste de secrétaire privé lui est offert par W. G. Hamilton, bientôt lord lieutenant d'Irlande. Elle se confirme en 1765, lorsque son nouveau protecteur, le marquis de Rockingham, whig d'appartenance, devient Premier ministre. Grâce au système dit des bourgs pourris, Burke gagne aussitôt un siège au Parlement, qu'il gardera jusqu'en 1794. La démission forcée de Rockingham ne lui nuit pas ; son activité et cette éloquence qui le fit qualifier de « Cicéron anglais » ont trouvé leur sphère.

Cinq « g [...]

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Pour citer l’article

Baldine SAINT GIRONS, « BURKE EDMUND - (1729-1797) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/edmund-burke/