ÉDITION DU GÉNOME HUMAIN

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Complexe CRISPR-Cas9

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Crédits : Janet Iwasa for the Innovative Genomics Institute. Copyright 2018 The Regents of the University of California

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Mode d’action de CRISPR-Cas9

Mode d’action de CRISPR-Cas9
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La réhabilitation libérale de l’eugénisme

Les discussions relatives à l’édition du génome germinal qui se tiennent dans l’espace public se situent davantage sur un plan moral et interrogent le droit des parents de configurer le génotype de l’enfant à naître. Ce sont surtout les arguments favorables qui diffèrent de ceux avancés par les professionnels : ils recommandent une sélection anténatale, génétiquement assistée et accessible à tous, qui donnerait aux parents le droit, voire l’obligation morale, d’intervenir sur le génome de leur futur enfant.

L’argument clé de ces plaidoyers, pour lesquels la visée thérapeutique ou préventive est toujours mise en avant, est le gain en vies humaines. En écartant les mutations génétiques à l’origine de maladies incurables, l’édition permettrait à de nombreuses personnes ainsi qu’à leurs descendants de vivre dans de bonnes conditions ou tout simplement de ne pas mourir. Par conséquent, les protestations selon lesquelles le génome de l’espèce humaine doit rester inviolable et ne peut faire l’objet d’une correction intentionnelle sont jugées dérisoires. La prise de position de John Harris, professeur de bioéthique à Cambridge, en est une illustration. Dans le Guardian du 2 décembre 2015, s’exprimant sur l’édition du génome germinal à la veille du sommet de Washington, il juge absurde le principe de l’inviolabilité du génome de l’espèce humaine et récuse les objections les plus communes : risque inacceptable pour les générations futures du fait de la transmission à la lignée des corrections génétiques opérées et impossibilité d’obtenir le consentement de l’enfant. Pour Harris, le vrai drame, ce sont les 6 p. 100 de nourrissons qui, chaque année dans le monde, naissent porteurs d’une mutation délétère et vont mourir. À cette aune, intervenir sur le génome germinal est une obligation morale pour réduire le malheur et faire reculer la mort. Dans les pays anglo-saxons (Australie, Canada, États-Unis, Royaume-Uni), Harris n’est pas isolé : des opinions simil [...]

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Écrit par :

  • : docteur en sociologie, professeur des Universités à l'université Lumière-Lyon-II, chercheur au Centre Max Weber (CNRS Lyon)

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Pour citer l’article

Jean-Hugues DÉCHAUX, « ÉDITION DU GÉNOME HUMAIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/edition-du-genome-humain/