ÉCRITS SUR L'ART MODERNE, Louis AragonFiche de lecture

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Le collage comme défi à la peinture

Aragon, qui a été l'un des premiers théoriciens du collage, consacre à cette notion ses premiers textes de critique d'art. Cette pratique devient ainsi le pivot de son analyse de la modernité dans la création artistique. En 1926, il consacre un texte au maître de l'illusion et de l'erreur : Max Ernst. Contrairement aux cubistes, qui utilisaient des papiers de couleur dans une optique chromatique, pour Ernst le papier collé doit suppléer au dessin. Il privilégie donc les dessins imprimés, les illustrations des journaux ou des dictionnaires ou encore les photographies. Ces nouveaux moyens visuels produisent un effet analogue à celui de l'image poétique. Magicien du merveilleux, « il détourne chaque objet de son sens pour l'éveiller à une réalité nouvelle ». Quelques années plus tard, en 1930, pour le catalogue d'une exposition de collages à la galerie Goemans, Aragon rédige un texte à valeur de manifeste : « La Peinture au défi ». C'est grâce au collage que Max Ernst parvient à faire surgir le merveilleux de la réalité. La contradiction dialectique entre merveilleux et réalité constitue le moteur de son écriture : « Le merveilleux est toujours la matérialisation d'un symbole moral en opposition violente avec la morale du monde au milieu duquel il surgit. » À cette vision du collage, Aragon superpose une lecture politique : le « pauvre » collage, contrairement à la « luxueuse » peinture, permettrait de s'affranchir de la « domestication par l'argent ».


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Marianne JAKOBI, « ÉCRITS SUR L'ART MODERNE, Louis Aragon - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecrits-sur-l-art-moderne/