ÉCONOMIE MONDIALE2018 : croissance, restrictions commerciales et argent plus cher

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Europe : différences de trajectoires et de visées

La croissance de la zone euro ralentit, passant de 2,4 à 2,0 p. 100, mais le taux de chômage baisse notablement de 9,1 à 8,1 p. 100 de la population active. Ce sont les pays de l’Europe centrale et orientale qui tirent la croissance européenne vers le haut : tous affichent un taux de croissance supérieur à 3,5 p. 100 (sauf la république Tchèque à 3,1 p. 100) et leurs taux de chômage sont nettement en deçà de la moyenne européenne (Roumanie 4,7 p. 100, Pologne 4,1 p. 100, Hongrie 3,9 p. 100, République tchèque 2,5 p. 100).

La moyenne des soldes publics européens, très affectée par la crise de 2008 avec un creux de – 6 p. 100 en 2009-2010, s’est redressée à – 2 p. 100 en 2016 et devient positive en 2018.

En Allemagne, quatrième économie mondiale, le ralentissement de la croissance est net, de 2,5 à 1,9 p. 100, mais les performances sont exceptionnelles en matière de solde extérieur (plus de 8 p. 100 du PIB), de solde public positif (2,4 p. 100 du PIB) et de chômage, qui baisse encore (de 3,8 à 3,5 p. 100). En cette fin annoncée du mandat d’Angela Merkel, les inquiétudes à court terme concernent le secteur automobile, dont le poids est considérable et qui se trouve dans une phase critique en raison de normes antipollution plus rigoureuses, de possibles restrictions américaines et de la concurrence internationale (Chine, notamment). À plus long terme, le vieillissement de la population et la transition énergétique sont des enjeux majeurs.

La France enregistre également un net ralentissement de la croissance qui passe de 2,5 à 1,9 p. 100. Le taux de chômage baisse légèrement (de 9,4 à 8,8 p. 100) de la population active, mais le solde de la balance des opérations courantes passe de –0,6 à –0,9 p. 100 du PIB. Le déficit public ne se résorbe que lentement (2,6 p. 100 du PIB). Le gouvernement fait face à une équation budgétaire critique et aux résistances multiples à son programme de réforme.

En Italie, le taux de croissance baisse de 1,5 à 1,2 p. 100, le chômage passe de 11,3 à 10,8 p. 100 de la population active, le solde extérieur diminue, mais reste positif (de 2,8 à 2,0 p. 100 du PIB). Le gouvernement issu de l’alliance du mouvement 5 étoiles (populiste) et de la Ligue (extrême droite) a présenté un budget comportant une dégradation du déficit qui passe de 1,8 en 2018 à 2,4 p. 100 en 2019, alors que l’Italie s’était engagée sur un déficit de 0,8 p. 100. Ce budget est rejeté pour la première fois par la Commission soutenue par tous les autres États de l’Union européenne, et la prévision de déficit est revue par le gouvernement italien à 2,0 p. 100 ; le gouvernement peut difficilement faire l’impasse sur le spread, la différence entre le taux d’intérêt allemand et italien qui, en octobre, atteint son plus haut niveau depuis quatre ans et pèse sur la stabilité du système bancaire italien, des entreprises, des administrations et des ménages. De surcroît, l’Italie doit faire face à des problèmes sociaux (inégalités régionales, criminalité) et démographiques aigus : baisse de la population, afflux de migrants, taux de chômage élevé pour les jeunes (plus de 30 p. 100).

En Espagne, en dépit d’une croissance vive, mais qui passe de 3,0 à 2,7 p. 100, le chômage reste très élevé, passant de 17,2 à 15,6 p. 100. Le solde extérieur se resserre, mais reste positif (de 1,9 p. 100 à 1,2 p. 100) et le déficit public a été revu à la hausse, atteignant 2,7 p. 100.

Au Royaume-Uni, en 2018 comme en 2017, la politique et le climat des affaires sont soumis aux fortes incertitudes sur l’avenir du Brexit, autour des questions centrales de la restauration d’une frontière entre la république d’Irlande et l’Irlande du Nord et du degré de retrait de l’union douanière et du marché commun. Différents scénarios sont possibles : un nouveau referendum, une transition interminable (« Brexeternity »), une rupture brutale (« No deal »), un faux Brexit (« Brino », pour « Brexit In Name Only »)… Pourtant, les indicateurs macro-économiques sont pour le moment faiblement affectés : si la croissance du Royaume-Uni reste faible et passe de 1,7 à 1,4 p. 100, le taux de chômage s’améliore encore passant de 4,4 à 4,1 p. 100, le déficit public se réduit encore pour atteindre 2,0 p. 100 du PIB, le solde extérieur s [...]

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Économie mondiale (2018) : croissance du PIB (%)

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Signature du nouveau traité de libre-échange nord-américain, 2018

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Jerome Powell

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Économie mondiale (2018) : évolution des prix à la consommation

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Jean-Pierre FAUGÈRE, « ÉCONOMIE MONDIALE - 2018 : croissance, restrictions commerciales et argent plus cher », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-mondiale-2018-croissance-restrictions-commerciales-et-argent-plus-cher/