ÉCOLE ET MOUVEMENT, arts

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Entre le style et la nation

À la reconnaissance de parentés stylistiques s'ajoute la considération de critères géographiques : avec la stricte délimitation topographique peut s'esquisser l'existence d'un « milieu », dont la pensée d'Hippolyte Taine (voir en particulier sa Philosophie de l'art, 1865-1869) a largement contribué à développer l'importance. Le compartimentage régional et national, tenant compte de la singularité des langues, des dispositions locales, de la particularité des expressions, régit en effet l'histoire des arts. Restée depuis l'Antiquité profondément municipale, l'Italie de la Renaissance maintient les particularismes de ses académies locales, évitant l'établissement d'une uniformité, malgré la circulation des idées et des styles. Dans la France du xviie siècle, rivale bientôt victorieuse de l'Italie, s'épanouit la notion d'« École française », éclairée par les figures de Nicolas Poussin, Charles Le Brun et Eustache Le Sueur.

Le xixe siècle, qui fut celui des nationalités, peut apparaître comme celui de grandes écoles nationales, puisant dans les annales de l'histoire, dans la description naissante d'un patrimoine ou dans le particularisme des coutumes le ferment d'une expression propre. Pourtant essentiellement attaché à « la vie des formes », qui établit entre les groupes nationaux et au-dessus d'eux « une sorte de communauté mouvante », l'historien de l'art Henri Focillon a ordonné son étude de La Peinture au XIXe siècle (1927) autour de ces écoles, sans négliger les foyers provinciaux. Ainsi a-t-il accordé à Lyon, où il fut professeur et conservateur, un intérêt particulier, car là s'est développé, dans la peinture religieuse, le « génie lyonnais », qui reflète l'« esthétique contradictoire et nuageuse » d'une ville. Loin de refuser ces regroupements, les artistes régionaux du xixe siècle les ont parfois constitués eux-mêmes, aidés par les élites locales, pour acquérir une consécration culturelle nationale et une position sur le marché. La fondation, en 1901, de l'École de Nancy, « Alliance pro [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université des sciences humaines de Strasbourg

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Pour citer l’article

Christine PELTRE, « ÉCOLE ET MOUVEMENT, arts », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-et-mouvement-arts/