VIENNE ÉCOLE DE, musique

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Schönberg ou la volonté d'instaurer un nouveau système

L'abandon de la tonalité n'est pas l'œuvre de l'école de Vienne. Bien avant Schönberg, plusieurs compositeurs avaient affirmé la nécessité de se libérer du système tonal. Franz Liszt avait d'ailleurs fait un pas important dès 1885 en composant Bagatelle sans tonalité. L'abandon de la tonalité avait pour principales caractéristiques la déhiérarchisation des degrés de la gamme classique au profit du total chromatisme, le refus des accords classés, l'abandon d'un centre tonal et des modulations et, par suite, l'émancipation de la dissonance. Tout cela entraîne un rejet des moyens d'articulation qui l'accompagnent et favorise une musique athématique dont l'unité, la cohésion et la continuité musicale sont très difficiles à préserver. D'où la difficulté de composer une œuvre longue sans avoir recours à un texte qui assure sa cohérence et détermine sa longueur.

La première période, dite « atonale libre », de la trilogie viennoise s'étend de 1908 à 1923. Des œuvres de Schönberg comme les Trois Pièces pour piano opus 11 (1909), les Quinze Mélodies d'après « Le Livre des jardins suspendus » de Stefan George opus 15 (1908-1909), les Cinq Pièces pour orchestre opus 16 (1909), le monodrame Erwartung (1909), Pierrot lunaire (1912), ou encore des pièces de Webern comme les Six Bagatelles pour quatuor à cordes opus 9 (1913) illustrent cet emploi de petites formes. Seul Alban Berg parviendra à composer une grande forme avec son opéra Wozzeck (1914-1923) ; mais cette œuvre dont la cohésion musicale est assurée par l'emploi de formes élaborées (fugue, passacaille, suite, forme sonate), jusque-là réservées à la musique instrumentale pure, à quoi s'ajoutent l'utilisation du leitmotiv et la conservation d'une polarité tonale, fait figure d'exception.

Conscient de l'impasse dans laquelle il se trouve, Schönberg s'arrête de composer pendant plus de dix ans pour réfléc [...]


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  • : musicologue, analyste, chef de chœur diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, chargée de cours à Columbia University, New York (États-Unis)

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Pour citer l’article

Juliette GARRIGUES, « VIENNE ÉCOLE DE, musique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-de-vienne-musique/