ÉCLAIRAGE DOMESTIQUE

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Nouvelles technologies d’éclairage et santé publique

Les impacts potentiels des lampes sur la santé et l'environnement ont été débattus en Europe lors de la mise en place de la directive de bannissement des lampes à incandescence. Ils peuvent être engendrés par certains composés chimiques utilisés dans les lampes, mais aussi par les rayonnements qu’elles émettent. Les diverses études indépendantes ont montré que ces impacts sont faibles, voire négligeables, si les lampes sont utilisées de manière appropriée et recyclées à la fin de leur vie.

Rayonnement ultraviolet

L’émission d’un rayonnement ultraviolet (UV) par les lampes est parfois présentée comme un danger potentiel, quelle que soit leur technologie. Des études ont montré que les niveaux typiques du rayonnement ultraviolet pour la plupart des technologies de lampes sont négligeables, sauf pour certaines personnes qui souffrent de maladies génétiques rares (par exemple, les « enfants de la lune », qui ne peuvent même pas être exposés à la lumière solaire). La majorité des lampes à LED sont dépourvues d’émissions dans le domaine de l’ultraviolet.

Rayonnement bleu

Certaines études sérieuses ont mis en évidence une dangerosité potentielle du rayonnement bleu émis par certaines sources de lumière très brillantes émettant une lumière blanche froide. Les LED sont plus particulièrement concernées par ce problème car certaines d’entre elles peuvent être très brillantes et émettre une lumière très froide. À forte dose, cette lumière bleue est indiscutablement dangereuse pour la rétine des yeux et pourrait influencer le développement de certaines maladies comme la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). Toutefois, pour atteindre les doses entraînant des dommages irréversibles au niveau de la rétine, il faut que la LED ait une luminance (brillance) très importante (dans des cas extrêmes, les LED sont seulement à peine 1 000 fois moins brillantes que le soleil), que son spectre contienne une composante bleue importante (qui est émise par le semi-conducteur et non captée par le luminophore) et que la distance LED-observateur soit inférieure à vingt centimètres. Très peu de systèmes LED ayant ces caractéristiques existent sur le marché et la plupart d’entre eux sont manipulés par des professionnels qui savent comment limiter les risques en masquant les LED ou en les positionnant assez loin du regard de l’observateur. Les principales conclusions du rapport émis en 2012 par le comité d’experts européens indépendants – commandité par la Commission européenne à la suite du rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) paru en 2010 – montrent un risque négligeable pour la plupart des sources de lumière existantes. Plus particulièrement, le cas de la lumière émise par les LED a été étudié. Toutefois, faute des données épidémiologiques fiables et en tenant compte du phénomène de l’aversion (le fait de cligner les yeux) qui est censé protéger l’œil contre des sources de lumière de très forte luminance, le risque a été considéré comme faible. Il a été aussi constaté que les lampes à LED produisant une lumière « blanche chaude » ou « blanche neutre » sont sans danger quelle que soit leur brillance. Pour ce type de lampes à LED, il faudrait une exposition continue et directe de la rétine de plusieurs heures, voire des journées, pour provoquer des dommages. Le problème peut être tout autre avec des LED bleues (sans protection) qui peuvent être mises, par exemple, sur des jouets pour enfants.

La lumière bleue peut perturber le rythme biologique journalier (rythme circadien). En effet, une exposition prolongée à une lumière froide (c’est-à-dire plus ou moins bleutée) intense pendant certaines heures du soir peut avoir une incidence sur le cycle du sommeil. Ce problème n’est pas vraiment lié à la technologie LED, les lampes fluocompactes « blanc froid » ou encore les écrans peuvent avoir le même effet néfaste. Il s’agit en fait d’une mauvaise utilisation des sources de lumière plutôt qu’un problème technologique. Une information cohérente destinée au public est nécessaire dans ce domaine. Les lampes à LED ou fluocompactes produisant une lumière blanche « froide » sont à bannir des tables de nuit ou des endroits réservés à la relaxation.

Papillotement de la lumière

Le papillotement (ou scintillement) de la lumière – c’est-à-dire les fluctuations rapides de l'intensité de l'éclairage – peut apparaître dans la plupart des types de sources d'éclairage. Il doit être limité car, lorsqu’il est perceptible, il pourrait entraîner des effets négatifs sur la santé : maux de tête, vision floue, fatigue oculaire, réduction des performances visuelles, et même, dans des cas extrêmes, crise d’épilepsie. Le papillotement de la lumière n’est pas inhérent à la source même de lumière : il est lié à son alimentation électrique. Même la lumière des lampes à incandescence scintille, mais ce papillotement n’est pas perceptible par l’œil humain. De nombreuses lampes fluocompactes permettent une réduction du scintillement à un niveau imperceptible, comparable à celui des lampes à incandescence de très faible puissance (par exemple, 25 W ; pour une lampe à incandescence, le scintillement augmente avec la baisse de la puissance). Toutefois, dans le cas des lampes à LED, la situation est très variable et dépend fortement de la qualité de l’alimentation électronique intégrée au culot de la lampe. Théoriquement, il est possible d’obtenir avec les LED et les lampes fluorescentes compactes une lumière sans aucun papillotement à condition d’utiliser une alimentation électronique de bonne qualité (qui coûte inévitablement plus cher). Dans le cas de la technologie LED, le papillotement peut également se produire lorsque l’on fait varier l’intensité lumineuse en utilisant un gradateur (variateur) mural. Dans ce cas, il est lié aux incompatibilités potentielles entre le circuit d’alimentation (ballast) de la lampe à LED et le gradateur mural. Comme il n’y a pas encore de norme sur ce point, les fabricants doivent indiquer sur l’emballage des LED leur compatibilité ou non avec les différents gradateurs commercialisés.

Champs électromagnétiques

Dans sa vie quotidienne, l’homme est soumis aux champs électromagnétiques provenant d’appareils électriques comme les téléphones mobiles, les récepteurs de télévision, les ordinateurs, les appareils électroménagers, les sources d'éclairage modernes. Plusieurs instituts de recherche indépendants, comme le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) en France, ont mesuré précisément les champs magnétiques et électriques de lampes fluocompactes et ont constaté que les valeurs obtenues sont cinquante fois inférieures aux niveaux pouvant affecter les tissus du cerveau et des muscles. Il n'y a donc pas vraiment d'impact négatif surtout si une certaine distance minimale entre les lampes et l’i [...]

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Interdiction des lampes énergivores en Europe

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Principe du fonctionnement de la lampe halogène

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Schéma de principe du fonctionnement de la lampe fluocompacte

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Principe de fonctionnement d’une lampe à LED

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Écrit par :

  • : professeur des Universités, directeur du groupe de recherche Lumière et matière du laboratoire plasma et conversion d'énergie (Laplace), université Toulouse-III-Paul-Sabatier

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Pour citer l’article

Georges ZISSIS, « ÉCLAIRAGE DOMESTIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/eclairage-domestique/