DU SERF ARBITRE, Martin LutherFiche de lecture

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La question du salut

Érasme était resté prudent. Après voir rappelé la valeur de la tradition qui vient des Pères de l'Église, il relevait leurs opinions pour ou contre le libre arbitre, concluant que l'action humaine est associée à celle de la grâce de Dieu pour la conquête du salut de l'homme. Luther combat Érasme sur deux fronts. En premier lieu, selon lui, prétendre que l'homme collabore par sa volonté à son salut, cela revient à dire que l'œuvre divine, qui culmine dans l'obéissance du sacrifice du Christ sur la croix, ne suffit pas. En second lieu, l'homme qui serait ainsi invité à participer à son salut, courrait le risque de rester toujours insatisfait et par conséquent sans assurance, incapable de trouver la paix dans sa conscience. S'appuyant sur la Bible, Luther entend démontrer que le libre arbitre, défini par Érasme comme étant « la force de la volonté humaine telle que par elle l'homme puisse s'attacher aux choses qui conduisent au salut éternel ou se détourner de celles-ci », n'existe pas. Pour lui, le salut n'est en rien la conséquence de ce que l'être humain saisirait Dieu, mais au contraire de ce que Dieu saisit l'être humain et par son Saint-Esprit change sa volonté. En sorte que cet homme qui volontairement et de son plein gré faisait le mal, sans contrainte (sinon – Luther reprend ici encore le vocabulaire augustinien – il s'agirait de nolonté et non point de volonté), maintenant, tout aussi volontairement et de son plein gré, veut et fait ce que Dieu veut. Luther utilise l'image de la bête de somme, qui selon celui qui la monte, va de-ci ou de-là ; pour que notre volonté aille là où Dieu veut qu'elle aille, il faut que ce soit lui qui la mène. En corollaire à cette affirmation reste posée la question de la prédestination. C'est Dieu en effet qui choisit de sauver l'être humain. Et s'il ne faisait pas ce choix ? Luther, qui n'élude pas le problème, propose de s'en tenir davan [...]


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Écrit par :

  • : pasteur de l'Église luthérienne, professeur à la faculté de théologie protestante de Paris et à l'École des langues et civilisations de l'Orient ancien

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Pour citer l’article

Jacques-Noël PÉRÈS, « DU SERF ARBITRE, Martin Luther - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/du-serf-arbitre/