DJIBOUTI

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Djibouti (DJ)
Chef de l'État et du gouvernementIsmaël Omar Guelleh (depuis le 8 mai 1999). Premier ministre : Abdoulkader Kamil Mohamed (depuis le 1er avril 2013)
Note :
CapitaleDjibouti
Langues officiellesarabe, français
Unité monétairefranc de Djibouti (DJF)
Population1 140 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)23 000

La république de Djibouti indépendante

« Sauvegarder la paix, l'unité et l'égalité dans la Communauté du peuple de la république de Djibouti », proclamait le président Hassan Gouled lors des cérémonies de l'indépendance du pays. Pourtant, ces principes furent bafoués tout au long de sa longue présidence (1977-1999), poussant les Afar à prendre les armes pour défendre leurs droits (1991-1994). Il revint au successeur de Hassan Gouled, Ismaël Omar Guelleh, élu en 1999, et réélu en 2005, de poursuivre l'œuvre de réconciliation nationale et d'engager des réformes pour soutenir le développement et lutter contre la pauvreté.

Ismaël Omar Guelleh, 1999

Photographie : Ismaël Omar Guelleh, 1999

Tournée électorale d'Ismaël Omar Guelleh, candidat du parti au pouvoir, le Rassemblement populaire pour le progrès, à la présidence de la République djiboutienne. Élu le 9 avril 1999, il succédera au président Hassan Gouled Aptidon, qui régnait sans partage sur Djibouti depuis... 

Crédits : Alexander Joe/ AFP

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La vie politique

La lente mise en place des institutions

Malgré les efforts pour intégrer toutes les composantes ethniques du pays, et pour mettre aux commandes de l'État un Issa – le président Gouled – alors que la formation du premier gouvernement (15 juillet 1977) était placée sous la responsabilité d'un Afar – Ahmed Dini –, l'équilibre recherché ne résista pas à l'épreuve du pouvoir. Divers incidents (à la suite de l'attentat, en décembre 1977, du café Le Palmier en Zinc fréquenté par des Français, la répression s'abat sur les Afar) conduisirent Ahmed Dini à démissionner de son poste de Premier ministre le 17 décembre 1977, entraînant le départ de quatre membres afar du gouvernement. Par décret du 20 décembre, le Mouvement populaire de libération nouvellement créé par Ahmed Dini et entré dans l'opposition était dissous. Les jeunes Afar prirent alors le maquis ou s'expatrièrent, notamment en Éthiopie. De nombreuses arrestations aggravèrent les tensions. La crise politique ouverte se prolongea durant dix mois jusqu'à ce que le chef de l'État nomme Barkat Gourad Hamadou comme Premier ministre, un Afar manifestant un indéfectible attachement au régime et qui conservera son portefeuille jusqu'en février 2001.

Au nom de l'unité nationale et de la paix sociale, la « présidentialisation » du régime se confirmait. Le 4 mars 1979 était instauré le parti unique, baptisé Rassemblement populaire pour le progrès (R.P.P.) : nul ne pouvait briguer un mandat politique ou un poste de responsabilité s'il n'obtenait pas auparavant l'investiture du parti. Le droit d'expression fut limité, les réunions publiques interdites. La personnalité de plus en plus autoritaire du président Gouled, réélu en 1981, s'affirma et, à travers lui, l'influence dominante du groupe issa s'accrut. Ahmed Dini relança l'action politique en créant et en s'appuyant sur un parti clandestin, le Parti populaire djiboutien ; il dénonça ouvertement le « pouvoir de domination ethnique » mis en place, avant de connaître la prison, puis l'exil.

La réélection triomphale de Gouled, en 1987, avec près de 91 p. 100 des suffrages exprimés, fut sans surprise (seul candidat), tout comme le scrutin destiné à renouveler l'Assemblée nationale, fermée à toute opposition. Ainsi se trouvait perpétué un système d'immobilisme politique. La répression se fit plus sévère contre les figures marquantes de l'opposition (Ahmed Dini, Ismaïl Ibrahim qui deviendra le porte-parole de l'Union des mouvements démocratiques, créé en mars 1990 en exil, à Paris). Ne pouvant plus s'exprimer librement, les opposants empruntèrent d'autres voies pour déstabiliser le régime. Dès avant la réélection de Gouled, en janvier 1986, un groupe s'attaqua au local du R.P.P., symbole de la politique intérieur d'autorité ; les attentats du 18 mars 1987 contre le café L'Historil fréquenté par des Européens – onze morts –, et du 27 septembre 1990 contre le Café de Paris, visaient autant les intérêts français que le régime en place. Un coup d'État tenta, en vain, de renverser le régime autoritaire du président Gouled le 7 janvier 1991.

La centralisation des pouvoirs dans les mains des Issa, notamment du clan des Mamassane, et la discrimination à l'encontre des Afar, victimes de la violence de l'appareil d'État, avivent le processus de « tribalisation » de la vie politique qui est dénoncé par une opposition muselée.

Les années de crise

Face à cette usure du pouvoir, les ennemis politiques – qu'ils soient afar ou issa – profitèrent du désengagement régional de l'U.R.S.S. et des États-Unis, de l'effondrement du régime éthiopien du colonel Mengistu Haïlé Mariam, de la montée du nationalisme érythréen, ainsi que des réticences croissantes de la France et du président Mitterrand, exprimées lors du sommet de La Baule (juin 1990), à cautionner la démocratisation de façade mise en pl [...]

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Djibouti : carte physique

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Djibouti : drapeau

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Le golfe d'Aden

Le golfe d'Aden
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Fabricants de paniers à Djibouti

Fabricants de paniers à Djibouti
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Écrit par :

  • : professeur des Universités
  • : professeur des Universités, Institut français de géopolitique de l'université de Paris-VIII, membre du Centre d'études africaines, C.N.R.S., École des hautes études en sciences sociales, chargé de cours à l'Institut national des langues et civilisations orientales
  • : professeur émérite d'histoire à l'université de Provence

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Pour citer l’article

Colette DUBOIS, Alain GASCON, Jean-Louis MIÈGE, « DJIBOUTI », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/djibouti/