DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE, Étienne de La BoétieFiche de lecture

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La rédaction

Selon Montaigne, La Boétie (1530-1563) aurait écrit son livre à seize ou dix-huit ans, soit en 1546 ou, plus probablement, en 1548, le corrigeant quelques années plus tard, alors qu'il était étudiant à l'université d'Orléans.

Le chapitre xxviii du livre premier des Essais précise : « C'est un discours auquel il donna le nom de La Servitude volontaire, mais ceux qui l'ont ignoré l'ont bien proprement depuis rebaptisé Le Contre'un. Il l'écrivit par manière d'essai en sa première jeunesse, à l'honneur de la liberté contre les tyrans. » Le libelle, communiqué à Montaigne, favorisa entre les deux hommes une amitié jamais démentie.

La politique des bûchers, qui régnait alors, dissuada l'auteur des Essais de livrer le texte à la publication. Néanmoins, des versions manuscrites circulaient, qu'attestent des pamphlets tels que Le Réveille-matin des Français et de leurs voisins, publié en 1574, deux ans après la Saint-Barthélemy et signé du pseudonyme d'Eusèbe Philadelphe Cosmopolite, la Franco-Gallia de Hotman, parue à Cologne en 1573, les Vindiciae contra Tyrannos (1579), propagées sous le pseudonyme de Junius Brutus, Les Mémoires de l'Estat de France sous Charles Neufiesme, du protestant Simon Goulart.

Il est possible que la cruelle répression de la révolte contre la gabelle qui, en 1548, souleva les populations laborieuses du sud-ouest de la France, ait inspiré à La Boétie une indignation d'où naquit le projet d'en finir avec l'odieuse dictature exercée par quelques-uns à l'encontre du plus grand nombre. Affectant, par profession, d'être attaché au catholicisme et aux décrets royaux, il a jugé prudent de terminer sur une note de pieuse dévotion un libelle où la religion est pourtant ainsi évoquée : « Le peuple a toujours ainsi fabriqué lui-même des mensonges pour y ajouter ensuite une foi stupide. »

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

Classification


Autres références

«  DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE, Étienne de La Boétie  » est également traité dans :

LA BOÉTIE ÉTIENNE DE (1530-1563)

  • Écrit par 
  • Jean-Yves POUILLOUX
  •  • 745 mots

Fils d'un lieutenant du sénéchal du Périgord, d'une famille de magistrats, Étienne de La Boétie appartient à cette bourgeoisie cultivée sur laquelle la monarchie s'est appuyée dans ses efforts pour affermir son pouvoir contre les restes de la féodalité. Après des humanités classiques, il étudie le droit à Orléans, où professait entre autres Anne du Bourg, protestant qui fut brûlé à Paris en 1559. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/etienne-de-la-boetie/#i_33126

MONTAIGNE MICHEL EYQUEM DE (1533-1592)

  • Écrit par 
  • Fausta GARAVINI
  •  • 8 169 mots

Dans le chapitre « Le livre du deuil »  : […] La formule : « Ce ne sont mes gestes que j'écris, c'est moi, c'est mon essence », ne doit pas abuser. Le terme d'« essence » ne fonde en rien un moi transcendant. Il traduit en programme d'écriture une intuition tardive (la phrase appartient à la dernière couche textuelle), mais fulgurante. En se débarrassant ainsi de ses « gestes », autrement dit de la chronologie, Montaigne se situe dans l'achro […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/montaigne-michel-eyquem-de/#i_33126

NON-VIOLENCE

  • Écrit par 
  • Jacques SEMELIN
  •  • 5 877 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre «  La non-violence comme stratégie de l'action »  : […] Par-delà la diversité de ces motivations, quels sont les principes stratégiques fondamentaux du combat non violent ? Se fondant sur une analyse globale des rapports de domination, celui-ci part du constat que nous nous faisons trop souvent une fausse idée de la violence et des moyens de la combattre, parce que nous surestimons son pouvoir. Lorsqu'il analyse les causes de l'oppression de son pays […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/non-violence/#i_33126

SAGESSE

  • Écrit par 
  • Manuel de DIÉGUEZ
  •  • 10 380 mots

Dans le chapitre « Le sage et le sceptique ; sagesse et histoire ; sagesse et politique »  : […] On voit que le visionnaire n'a rien de commun avec le sceptique. Si les savoirs trompeurs qui enivrent les doctrines font les hommes liges, le scepticisme apparaît au sage comme une simple inversion des asservissements que forgent les idoles conquérantes ; car, en lieu et place de la fausse souveraineté que donne la sclérose de la conscience dans un dogmatisme fossilisé par sa propre omnipotence, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sagesse/#i_33126

Pour citer l’article

Raoul VANEIGEM, « DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE, Étienne de La Boétie - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/discours-de-la-servitude-volontaire/