DIPNEUSTES

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Caractéristiques des dipneustes

Le corps des dipneustes, très allongé, est recouvert par des écailles arrondies dérivées de celles, losangiques, des sarcoptérygiens ; il se termine par une nageoire caudale symétrique. Les nageoires pectorales et pelviennes, allongées ou formant une palette, soutenues par un squelette entièrement cartilagineux, comportent un axe médian articulé sur lequel s'insèrent symétriquement des rayons eux aussi composés de plusieurs articles.

Dipneustes

Dessin : Dipneustes

Les trois genres actuels de Dipneustes 

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Neoceratodus (nageoire pectorale)

Dessin : Neoceratodus (nageoire pectorale)

Squelette de la nageoire pectorale de « Neoceratodus ». 

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D'une façon générale, le squelette des dipneustes actuels est en grande partie cartilagineux (phénomène de régression). En particulier, toute la boîte crânienne (endocrâne) est cartilagineuse, alors qu'elle était totalement ossifiée chez les formes fossiles les plus anciennes (notamment celles du Dévonien). Le toit crânien est composé d'un nombre d'os dermiques réduit par rapport à celui qui existait chez les fossiles. La disposition des os crâniens des dipneustes actuels résulte de la disparition de certains territoires osseux.

En plus des narines externes, antérieures, qui font communiquer les sacs olfactifs avec l'extérieur, il existe des narines internes, postérieures, qui s'ouvrent dans le plafond de la cavité buccale. Ce plafond porte des plaques dentaires suppléant à l'absence de véritables dents péribuccales (arcade dentaire externe), absence corrélative de celle des os maxillaires.

Neoceratodus (cavité buccale)

Dessin : Neoceratodus (cavité buccale)

Le plafond de la cavité buccale de Neoceratodus 

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L'ensemble de la mâchoire supérieure (palais) est complètement soudé à la boîte crânienne, comme chez les vertébrés tétrapodes (suspension autostylique).

Les deux poumons, dont l'intérieur est tapissé par une mince couche tissulaire assurant facilement les échanges gazeux entre l'air et le sang, possèdent de nombreux alvéoles qui augmentent la surface respiratoire. Deux artères pulmonaires amènent le sang réduit aux poumons, et deux veines pulmonaires conduisent le sang oxygéné au cœur. Ce dernier est assez différent du cœur des poissons en général. En effet, le ventricule est incomplètement cloisonné en deux moitiés droite et gauche, tandis que l'atrium l'est complètement de telle sorte qu'il existe deux oreillettes (droite et gauche). Ainsi, le sang oxygéné arrive dans la cavité atriale gauche, comme chez les vertébrés terrestres. L'absence d'étude physiologique ne permet pas de dire avec suffisamment de précisions comment circulent les flux sanguins (réduit et hématosé) à la sortie du cœur.

Aux caractères anatomiques très originaux des dipneustes, il faut ajouter des particularités biologiques curieuses. Pendant la saison sèche, le dipneuste africain Protopterus, enroulé sur lui-même, s'enfonce dans la vase des marécages asséchés, y creusant une sorte de terrier tapissé par un mucus sécrété par la peau. L'animal peut rester plusieurs mois ou même plusieurs années dans ce cocon, vivant sur ses réserves. Un tube muqueux creux relie sa cavité buccale à l'air libre, lui permettant ainsi de respirer. Pendant cette vie léthargique, seule la respiration pulmonaire est fonctionnelle.

Les œufs sont aussi incubés dans une sorte de nid creusé dans la vase. La larve de dipneuste est un petit têtard, avec des branchies externes et une forte queue musculeuse, très semblable au têtard des amphibiens urodèles.

Protopterus (larve)

Dessin : Protopterus (larve)

Larve de Protopterus (d'après Budgett) 

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Dipneustes

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Neoceratodus (nageoire pectorale)

Neoceratodus (nageoire pectorale)
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Neoceratodus (cavité buccale)
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Pour citer l’article

Pierre CLAIRAMBAULT, Philippe JANVIER, « DIPNEUSTES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dipneustes/