DIOSCORÉALES

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Les Dioscoréacées

Les Dioscoréacées ont un habitat très divers : forêts équatoriales ombrophiles, ou même forêts semi-marécageuses temporairement inondées ; forêts claires et savanes avec des espèces résistant aux feux ; régions sèches (Testudinaria) ; zones tempérées (Corée, Japon, Mandchourie, Argentine, etc.) ; hautes altitudes (espèces alpines).

Le genre Dioscorea, le plus abondant, présente une grande diversité et paraît être en pleine évolution. Le nombre élevé des espèces (environ 600), le port varié (lianes de 40 m de long ou plantes rampantes de quelques centimètres), la gamme des aspects morphologiques (plantes épineuses ou non, feuilles simples ou composées, etc.), le polymorphisme de l'appareil souterrain confirment ce point de vue.

L'appareil végétatif

L'appareil végétatif aérien est, en règle générale, annuel mais plusieurs espèces sont vivaces. Les tiges minces et volubiles sont soit dextrorses, soit sinistrorses. Les mouvements de circumnutation peuvent être rapides. Quelques espèces (D. alata) ont des tiges ailées ; d'autres (D. minutiflora) ont la possibilité de s'enraciner et de tubériser aux nœuds de base.

Les feuilles sont alternes ou opposées, parfois sur le même pied. Elles sont entières, plus ou moins lobées ou composées palmées. Le limbe, généralement cordiforme, est porté par un long pétiole renflé à ses deux extrémités ; il se termine par un acumen portant des glandes qui contiennent des bactéries symbiotiques fixatrices d'azote (échappent à cette règle les espèces des zones tempérées). À sa base on observe parfois des replis abritant des acariens (acarodomaties).

Dioscorea (feuilles)

Dessin : Dioscorea (feuilles)

Différents types de feuilles de Dioscorea 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Plusieurs espèces forment des tubercules aériens, toxiques ou comestibles, plus ou moins volumineux (leur poids varie de 0,15 à 200 g).

Outre les racines, le système souterrain comprend des organes de réserve (rhizomes, tubercules annuels ou vivaces) d'une grande variété d'aspect et de poids (plus de 60 kg). Chez D. esculenta, les tubercules sont au nombre d'une quarantaine et sont protégés de la convoitise des animaux fouisseurs par des racines épineuses dont l'apparition coïncide avec leur formation. La protection des tubercules est encore réalisée par la constitution d'un épais plateau ligneux, par le profond enfouissement des organes, par l'accumulation de poisons actifs. Les tubercules sont soumis à une dormance plus ou moins prolongée.

L'appareil reproducteur

Les fleurs sont groupées en épis ou en grappes de cymules scorpioïdes ou hélicoïdes pouvant se réduire à une seule fleur. Ces épis, à géotropisme positif ou négatif (D. Mangenotiana), sont réunis en bouquets eux-mêmes étagés le long des tiges.

Les fleurs petites (1 à 8 mm) sont unisexuées, les pieds étant dioïques, ou parfois monoïques. Le diagramme floral des fleurs mâles répond à la formule : 3 sépales + 3 pétales + 3 à 6 étamines introrses ou extrorses + ovaire rudimentaire. Le cycle interne d'étamines peut être réduit à des staminodes. Les pièces périanthaires sont libres ou plus ou moins unies (tendance à la gamophyllie). Les fleurs femelles possèdent 3 sépales + 3 pétales + 0 à 6 staminodes + 3 carpelles. L'ovaire infère, triloculaire, renferme deux ovules superposés par loge.

Dioscorea Pyrenaica

Dessin : Dioscorea Pyrenaica

Dioscorea Pyrenaica 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La pollinisation est anémophile ou entomophile et dans ce cas est effectuée par des insectes nocturnes. Les croisements entre espèces proches paraissent fréquents. Ils conduisent à la naissance de nombreuses formes, d'où la difficulté de circonscrire les espèces de certaines sections.

Les fruits sont des capsules, des samares ou des baies. Les graines albuminées ont souvent une aile circulaire ou développée sur un ou sur deux côtés.

Le fruit permet, suivant les conceptions, de reconnaître trois à six genres : capsule trigone des Dioscorea sensu lato comportant des plantes grimpantes (Dioscorea sensu stricto, pantropical, et Testudinaria) et des plantes naines, alpines (Borderea des Pyrénées et Epipetrum du Chili) ; samare des Rajania des Antilles et de la Trinité ; baie des Tamus, l'« herbe aux femmes battues », des régions méditerranéennes et tempérées, des Canaries.

Cytologie

Les nombres chromosomiques connus s'échelonnent de 20 à 140, avec comme valeurs de base n = 10, 12, 13 et 18. À l'intérieur d'une même espèce ont été déterminées des séries polyploïdes : D. Cayenensis, 18, 36, 54 ; D. dumetorum, 36, 45, 54 ; D. alata, 38, 40, 52, 66, 81. Plusieurs auteurs (Meurmann, Nakajima) ont évoqué l'existence des chromosomes sexuels mais il ne s'agirait que d'anomalies méi [...]

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Dioscorea (feuilles)

Dioscorea (feuilles)
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Dioscorea Pyrenaica

Dioscorea Pyrenaica
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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Genève, directeur du département de biologie végétale

Classification

Autres références

«  DIOSCORÉALES  » est également traité dans :

TAMIER ou HERBE AUX FEMMES BATTUES

  • Écrit par 
  • Pierre LIEUTAGHI
  •  • 299 mots

Parent des ignames tropicales et comme elles pourvu d'un énorme tubercule toxique à l'état cru, le tamier ( Tamus communis  L. dioscoréacées) doit son nom populaire d'« herbe aux femmes battues » à l'usage très ancien de cette souche sur les meurtrissures. Seule partie usitée, la racine, riche en amidon et en mucilage, est littéralement farcie de cristaux d'oxalate de calcium en aiguille, capables […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques MIÈGE, « DIOSCORÉALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dioscoreales/