DIEULa négation de Dieu

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L'existence de Dieu

La notion ambiguë de possibilité sert d'intermédiaire entre l'essence et l'existence : puisque toutes les perfections sont compatibles, l'idée de Dieu n'enferme aucune contradiction, Dieu peut exister et, puisqu'il est Dieu, son pouvoir est son être ; possible, l'idée de Dieu ne l'est toutefois que si Dieu existe et sa possibilité engendre moins son existence que celle-ci n'engendre sa possibilité, car ses perfections ne seraient pas parfaites, elles manqueraient leur accomplissement si elles n'étaient pas comprises dans la plus haute de toutes, l'existence absolue ; la preuve de celle-ci est donc négative, contre-preuve et contre-épreuve qui ne suit pas le chemin du non-être à l'être – supposition sacrilège d'un néant qui précéderait Dieu – mais qui, s'installant délibérément dans l'Être rend évidente l'impossibilité de sa non-existence : s'il n'existait pas nécessairement, les êtres contingents ne pourraient pas exister ; s'il n'existait pas providentiellement, le hasard, le désordre et le chaos seraient la loi de l'absence de loi ; s'il n'existait pas comme il est compris dans le concept de la perfection absolue qu'il doit exister, nous ne le penserions pas. Principes de causalité, d'identité, de finalité, de non-contradiction soutiennent tour à tour l'impossibilité de la possibilité du néant et se renforcent les uns les autres, la non-contradiction excluant la déduction non conforme, l'identité appuyant la causalité et la finalité, pour que la conclusion réponde aux définitions de la cause et de la fin, qui soutiennent l'unité de l'identité et de la nécessité.

Il n'y a rien à objecter au jeu formel des notions quand on les accepte comme les lois de la pensée qui sont aussi les lois de l'être, quand on érige en principes les règles d'un certain discours, le discours positif, et qu'on oublie qu'une combinatoire ne produit qu'une ou des combinaisons. Du possible ne se tire que le possible, de ce deuxième un troisième, possible encore, réel comme possible mais non réel tout court ; que la chaîne se prolonge à l'infini ou qu'elle se contracte en i [...]


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Pour citer l’article

Jeanne DELHOMME, « DIEU - La négation de Dieu », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/dieu-la-negation-de-dieu/