DIAPASON

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Avant le diapason

Les musiques anciennes, comme les primitives, ignorent la notion de diapason. Le chanteur chante à sa hauteur de voix, l'instrumentiste fabrique ou accorde son instrument selon des méthodes empiriques. Les intervalles sont l'objet de soins jaloux, non le choix du son initial. La notion de hauteur absolue se ramène surtout à une préoccupation de tessiture : un chant « aigu » entonné en « voix de tête » n'a pas le même caractère qu'un chant « grave » entonné en « voix de poitrine » ou qu'un chant « moyen » pris en « voix de gorge ». Cette classification en trois « registres » apparaît très tôt et tient lieu pour longtemps de « diapason ». Associée à des types mélodiques particuliers, elle est peut-être à l'origine de la classification de la musique grecque ancienne en trois « tons » fondamentaux : le lydien aigu, ton des lamentations, le phrygien moyen, ton des exhortations guerrières, le dorien grave, ton des hymnes religieuses et des chants lents et dignes. Plus tard, cet échelonnement des trois tons fondamentaux fut codifié (on en fixa la distance à un ton l'un de l'autre) et complété par d'autres tons dont l'histoire est mouvante : échelonnés les uns par rapport aux autres, ils portèrent tous des noms et atteignirent à l'époque alexandrine le nombre de quinze, mais ne comportèrent jamais la moindre référence à un point de départ absolu.

Ce point de départ absolu, seuls, semble-t-il, les anciens Chinois et Japonais tentèrent de le capter, les premiers en construisant des instruments témoins, ou liu, cloches ou tubes de bambou conservés au palais impérial, les seconds en fixant des mensurations précises de longueur et de perce à des tubes de flûtes. Mais cette précaution était limitée à la musique rituelle ; hors de celle-ci, la hauteur relative régnait.

Le Moyen Âge ignora toute notion de diapason. La notation musicale, qui se développa rapidement à partir du ixe siècle, ne désignait que des rapports d'intervalles sans hauteur absolue. Les instruments étaient ac [...]


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Écrit par :

  • : ancien directeur de l'Institut de musicologie de l'université de Paris

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Pour citer l’article

Jacques CHAILLEY, « DIAPASON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/diapason/