DÉPRESSIFS ÉTATS ou DÉPRESSIONS NERVEUSES

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Facteurs biologiques et thérapeutiques

Comme on vient de le voir, la découverte d'une dépression au cours d'affections somatiques, cérébrales notamment, et les modifications d'humeur engendrées par certaines thérapeutiques modifiant l'équilibre métabolique ont, depuis longtemps, attiré l'attention sur la corrélation entre certaines modifications biologiques et l'état dépressif. Depuis le milieu des années 1970, la présence d'anomalies biologiques accompagnant des états dépressifs paraît tout à fait démontrée, même si leur signification, leur rôle dans le déclenchement du processus pathologique, leur intrication avec les facteurs psychogènes ou sociogènes restent problématiques.

L'intérêt s'est porté sur le métabolisme des amines cérébrales et l'on tend à admettre qu'il existe, dans certains états dépressifs, une hyposérotoninergie et, dans d'autres, une hyponoradrénergie. Les explorations endocriniennes statiques ont mis en évidence depuis longtemps un hypercortisolisme qui peut être décelé par certains tests (test à la déxaméthasone), ces tests étant particulièrement perturbés dans 50 à 60 p. 100 des cas de dépression mélancolique. On sait que les amines cérébrales jouent un rôle dans la transmission au niveau des synapses et que les médicaments antidépresseurs agissent sur le métabolisme des monoamines. On peut maintenant décrire, dans certaines zones cérébrales, des récepteurs, entités moléculaires qui captent de façon sélective ces mêmes substances antidépressives. L'augmentation et la diminution d'hypersensibilité ou d'hyposensibilité de ces récepteurs commençant à être connues, on possède donc maintenant un tableau beaucoup plus précis du point d'impact des thérapeutiques antidépressives. Cependant, malgré le développement de ces recherches biologiques, on ne peut pas être absolument certain qu'elles aient la valeur d'un indicateur biologique qui permettrait de confirmer l'existence, dans tel ou tel type de dépression mélancolique ou névrotique, d'anomalies plus spécifiques des monoamines cérébrales.

Grâce à ces apports, le traitement des dépressions nerveuses [...]

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Écrit par :

  • : professeur de psychiatrie à l'université de Lyon-I

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Pour citer l’article

Jean GUYOTAT, « DÉPRESSIFS ÉTATS ou DÉPRESSIONS NERVEUSES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/depressifs-depressions-nerveuses/