DÉNUTRITION

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Traitement

Bases physio-pathologiques

Pour renourrir un dénutri, on doit fournir les nutriments dont il a besoin dans des proportions et dans des quantités telles qu'il puisse les utiliser, qu'il n'y ait pas de surcharges révélant des carences latentes ou ayant des effets toxiques.

Un dénutri n'est pas seulement un malade qui a réduit son capital corporel de nutriments. Sa régulation neuro-endrocrinienne est anormale. Il ne réagit pas aux diverses thérapeutiques comme le sujet normal. À un certain stade, il élimine moins bien le sodium et risque des œdèmes ou une défaillance cardiaque par une surcharge sodique qui serait bien supportée par un sujet normal. Les corticoïdes comme l'acétate de désoxycorticostérone ou les œstrogènes provoquent facilement chez lui des œdèmes, alors qu'il est peu sensible à l'adrénaline.

La physiologie renseigne moins que la clinique sur ce qui permet de distinguer une dénutrition bénigne d'une forme dangereuse.

La réalimentation d'un grand dénutri est une opération dangereuse. Des avitaminoses par déséquilibres nutritionnels produisant des lésions cutanéo-muqueuses, des diarrhées, des déplétions potassiques sont toujours à craindre.

La prise de poids ne se produit pas régulièrement chez le grand dénutri réalimenté. Pendant 8 à 15 jours, le poids reste en général stationnaire ; les liquides extracellulaires se réduisent en même temps que les synthèses tissulaires s'amorcent.

Méthodes

Voie parentérale

L'alimentation parentérale n'est qu'une méthode alimentaire d'exception. Elle est en effet difficile à réaliser et généralement insuffisante. Il convient donc de la réserver aux cas où l'alimentation par voie digestive est absolument impossible, car celle-ci, si difficile soit-elle à faire accepter ou à réaliser, donne en général de meilleurs résultats. Son rôle est de limiter la progression d'une dénutrition. Elle est indiquée lorsqu'une dénutrition intense a produit une atrophie muqueuse, une atonie motrice et sécrétoire nécessitant un début de restauration des fonctions digestives et contre-indiquant la voie digestive.

Pour l'équilibre métabolique [...]

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Écrit par :

  • : ancien professeur au Conservatoire national des arts et métiers, ancien directeur du laboratoire de nutrition humaine

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Pour citer l’article

Jean TRÉMOLIÈRES, « DÉNUTRITION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/denutrition/