DÉNUTRITION

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Causes des dénutritions

Réduction des ingesta

Les niveaux calorico-azotés d'entretien de chaque individu, même rapportés à l'unité de poids ou de masse active, varient largement de 2 000 à 3 000 calories et de 60 à 150 g de protéines chez l'homme, de 1 600 à 3 000 calories et de 50 à 120 g de protéines chez la femme. Aussi doit-on considérer le déficit par rapport au niveau habituel d'entretien et non le niveau calorico-azoté absolu. Schématiquement, un état de dénutrition sérieux est réalisé par quatre à six mois d'un déficit de 50 p. 100, un à six mois d'un déficit de 75 p. 100 ou trois semaines de jeûne hydrique.

La capacité d'ajustement à des rations réduites paraît également différer largement suivant les sujets. La femme s'adapte mieux que l'homme, l'adulte entre 20 et 60 ans mieux que le sujet plus âgé et le sujet habitué à des périodes de jeûne mieux que le sujet habitué à une alimentation constante.

C'est sur les causes mêmes de la réduction des ingesta que l'on dirige le traitement. Il faut donc les analyser avec soin.

Circonstances psychiques

L'anorexie mentale se manifeste soit par un dégoût de vivre portant sur la libido alimentaire comme sur les autres libidos en rapport avec le monde extérieur, soit par un chantage, un moyen de capter l'intérêt des siens, soit par un narcissisme dont l'essence est la coupure avec le monde extérieur.

La crainte des sensations digestives douloureuses, l'extraordinaire retentissement des états psychiques sur l'état moteur et sécrétoire du tube digestif font des aliments les « causes officielles » du désaccord entre ce que l'être humain est et ce qu'il désire être. Les sensations pénibles liées aux retentissements digestifs des états anxieux sont d'autant plus volontiers attribuées aux aliments que le jeûne les améliore. L'aliment devient le symbole de l'ennemi extérieur. D'exclusion en exclusion, on arrive inconsciemment à un régime de semi-famine.

Insuffisance d'apport et élévation des pertes

Les états digestifs dans lesquels l'alimentation accroît les douleurs ou trouble l'appétit sont souvent en cause : cardiospasme, « boule » anxieuse, cancer de l'œsophage dont la dénutrition, brutale et rapide, rend rapidement les interventions dangereuses, gastrectomie (c'est le dumping syndrome, lui-même fortement aggravé par la dénutrition), gastrite des édentés, des tabagiques, des alcooliques, séquelles de péritonites, brides, rétrécissement du rectum, etc.

Les anorexies toxiques exogènes (alcools, tabacs, rayons X) ou endogènes (cancer, insuffisance rénale).

Les situations socio-économiques difficiles n'ont pas cessé, au xxie siècle, de déterminer des dénutritions, que ce soit pour les victimes de conflits (Darfour par exemple), les personnes sans ressources (qui ne pourraient vivre sans secours extérieurs), ou celles qui sont assujetties à des standards nutritionnels faméliques (mannequins)... la liste est, hélas, incomplète.

Les diarrhées chroniques de certaines résections de l'intestin grêle mal supportées, celles de fistules internes méconnues ou des insuffisances pancréatiques réalisent des pertes azotées de l'ordre de 3 à 5 g d'azote par jour (l'équivalent de 100 à 200 g de viande rouge), de 20 à 80 g de lipides et encore davantage de vitamines.

Les suppurations, pertes séreuses des brûlures, l'albuminurie atteignant plus de 5 g par jour, l'état catabolique postopératoire, les états infectieux, cancéreux ou provoqués par les rayons X sont des causes importantes de déperdition calorico-azotée.

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Écrit par :

  • : ancien professeur au Conservatoire national des arts et métiers, ancien directeur du laboratoire de nutrition humaine

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Pour citer l’article

Jean TRÉMOLIÈRES, « DÉNUTRITION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/denutrition/