DÉMOCRATIES POPULAIRES

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L'application du modèle soviétique (1945-1956)

L'expression de la diversité (1945-1947)

De 1945 à 1947, trois types de régime coexistent dans les différents pays d'Europe de l'Est. Il n'existe pas encore de système uniforme. En Yougoslavie et en Albanie, le parti communiste est la seule force politique ; il exerce son pouvoir soit directement, soit par l'intermédiaire du Front national. En Pologne, en Bulgarie, en Roumanie et en Allemagne de l'Est le gouvernement a encore l'apparence d'une coalition, mais le parti communiste a déjà éliminé les autres partis en tant que force politique. En Hongrie et en Tchécoslovaquie, les communistes collaborent avec d'autres partis politiques ; le caractère de cette collaboration s'exprime en particulier par le fait que les partis de la coalition gouvernementale se présentent séparément devant les électeurs.

Les différences de régime politique se reflètent dans les diverses interprétations nationales de la notion de démocratie populaire. Pour les Yougoslaves, la démocratie populaire est une « forme spécifique de la démocratie soviétique qui commence là où la classe ouvrière, en alliance avec toutes les autres masses travailleuses, tient les fonctions clefs dans le pouvoir d'État » (E. Kardelj). Les Bulgares, au contraire, en 1946, affirment que « la Bulgarie ne sera pas une république soviétique ; elle sera une république populaire où le rôle dirigeant sera joué par l'énorme majorité du peuple, formée par les ouvriers, les paysans et les intellectuels fidèles au peuple. Il n'y aura aucune dictature en Bulgarie » (G. Dimitrov). En 1947, les Hongrois présentent encore leur pays comme un mélange de démocratie populaire et de démocratie bourgeoise.

Cette diversité cesse à partir de 1948 avec la mise en place d'un modèle unique de démocratie populaire.

La transformation des démocraties populaires (1948-1953)

La création d'un Bureau d'information des partis communistes et ouvriers (Kominform), en septembre 1947, et la condamnation par l'Union soviétique, en janvier 1948, du projet de fédération balkanique marquent un tournant dans la politique soviétique à l'égard de l'Europe orientale. En juin 1948, le Parti communiste yougoslave est exclu du Kominform. Les accusations qui sont portées contre lui sont à l'image de la nouvelle politique décidée par l'Union soviétique en Europe. Les Yougoslaves sont accusés de « diluer » le parti dans le Front populaire, de ne prendre aucune mesure pour limiter les éléments capitalistes dans le secteur agricole ; on condamne, enfin, leur « nationalisme ».

Dans les autres pays, le parti communiste absorbe en 1948 les éléments de gauche des partis socialistes, et les démocraties populaires s'apprêtent à suivre l'exemple soviétique : priorité à l'industrie lourde, collectivisation de l'agriculture, renforcement de la « discipline du travail ». Les résistances au sein des partis communistes sont brisées : exclusions et procès d'opposants. Les communistes soviétiques affirment que « les lois générales de transition du capitalisme au socialisme [...] vérifiées, concrétisées et développées par Lénine et Staline sur la base de l'expérience du Parti bolchevik de l'État soviétique sont obligatoires pour tous les pays ». La Yougoslavie, au contraire, critique l'« impérialisme soviétique », dont elle voit la cause dans le « centralisme bureaucratique » de l'État stalinien. Et elle s'engage, dès 1950, dans la voie d'une certaine décentralisation administrative et d'une participation des travailleurs à la gestion des entreprises puis des collectivités locales.

Dans le domaine des relations commerciales, un conseil d'aide économique mutuelle est créé, en janvier 1949, entre l'U.R.S.S., la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, que rejoignent l'Albanie dès février 1949 et la République démocratique allemande en septembre 1950. Toutes les relations économiques avec la Yougoslavie sont suspendues de 1950 à 1953. Après la mort de Joseph Staline, le 5 mars 1953, une détente se produit en U.R.S.S., détente dont les effets se font sentir en Europe de l'Est.

La libéralisation (1953-1956)

La nouvelle politique mise en œuvre suivant le modèle soviétique prévoit un développement de la production des biens de consommation et une aide plus grande à l'agriculture. Corrélativement, on assiste à un relâchement de la coercition au niv [...]

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Boris Eltsine au moment du putsch de 1991

Boris Eltsine au moment du putsch de 1991
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Imre Nagy, 1954

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Mátyas Rákosi et Arpad Szakasits, 1948

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Wladyslaw Gomulka et Tito à Belgrade, 1957

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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-I, directeur de l'Institut de recherches comparatives sur les institutions et le droit du C.N.R.S.
  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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Pour citer l’article

Michel LESAGE, Henri MÉNUDIER, « DÉMOCRATIES POPULAIRES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/democraties-populaires/